
Dix ans après la fusion des régions décidée à l’époque de François Hollande, le groupe EPR (macroniste) a déposé à l’Assemblée une proposition de loi visant au “retour de la région Alsace”.
Approuvé lundi en commission, le texte entend créer une “collectivité à statut particulier”, en dotant l’actuelle Collectivité européenne d’Alsace (CEA) - issue de la fusion des conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin - des compétences d’une région. L’Alsace deviendrait ainsi à la fois un département et une région, soulignent les promoteurs de ce projet, qui en attendent une reconnaissance de ses “spécificités historiques” et davantage “d’efficacité de l’action publique”.
Mais pour le président (divers droite) du Conseil régional du Grand Est, Franck Leroy, ce projet “pour le moins saugrenu” ne “correspond pas du tout à l’attente de nos concitoyens”.
“Je n’ai jamais été interpellé sur le terrain” à ce propos, a souligné lors d’une conférence de presse à Strasbourg M. Leroy, pour qui “il y a dans notre pays des sujets bien plus importants et graves que celui-ci”.
Selon les défenseurs du texte - dont les députés alsaciens Brigitte Klinkert, Olivier Becht, Françoise Buffet et Charles Sitzenstuhl - il s’agit de “simplifier les échelons de gestion administrative” et de réaliser “des économies budgétaires de l’ordre de 80 à 100 millions d’euros par an”.
En “fusionnant” les compétences départementales et régionales, “on simplifie les procédures, on est plus efficaces”, avait également plaidé récemment le président de la CEA Frédéric Bierry (divers droite), grand défenseur de cette réforme, et qui dit s’appuyer sur des sondages selon lesquels “les Alsaciens sont favorables à une sortie de leur région du Grand Est”.
Cependant pour M. Leroy - lui-même champenois, mais entouré lors de la conférence de presse de plusieurs membres alsaciens de sa majorité - les économies annoncées “ne sont pas démontrées”, au contraire. Si le projet est voté, “les Alsaciens seront certes entre eux, mais ils auront moins de moyens pour se développer, il faut dire la vérité aux gens”.