
“On a voulu être transparents en affichant toutes les situations et les règles qui s’appliqueraient, y compris si le taux de chômage passe en dessous de 6%. Moi, j’entends que ce point n’a peut-être pas suffisamment fait l’objet de discussions, donc nous allons le retirer, ce troisième niveau du décret qui entrera en vigueur au 1er février, et nous remettrons ce sujet dans la concertations sur les futures règles de l’assurance-chômage”, a déclaré la Première ministre mardi sur Franceinfo.
L’opposition de gauche a salué mardi le retrait de la partie controversée du décret sur l’assurance chômage annoncé par Élisabeth Borne, un “premier recul” qui selon eux en annonce d’autres sur la réforme des retraites.
Dévoilée à la veille de Noël, cette disposition de la nouvelle réforme de l’assurance chômage - une réduction de la durée d’indemnisation de 40% si le chômage passe sous les 6% - avait suscité la colère des syndicats et des oppositions politiques, notamment à gauche.
“Un premier recul. La preuve que le rapport de force paie ! Si nous nous mobilisons massivement, nous pouvons faire reculer le gouvernement sur la réforme des retraites !”, écrit sur Twitter le député et dirigeant de La France insoumise Manuel Bompard.
“Aujourd’hui, Élisabeth Borne recule sur l’assurance chômage. Demain, elle reculera sur sa réforme des retraites. Tous mobilisés !”, a abondé le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, qui appelle à signer une pétition contre la réforme sur le site unebonneretraite.fr (15.782 signatures mardi matin).
Pour la nouvelle secrétaire nationale d’Europe Écologie-Les Verts, Marine Tondelier, “ce qui est bien, c’est qu’on n’a pas encore commencé à manifester que le gouvernement a déjà compris qu’il allait falloir se détendre sur les mesures anti-sociales... Allez, encore un petit effort : faut renoncer au report de l’âge légal de la retraite maintenant”, a-t-elle tweeté.
Comme annoncé fin novembre, le projet prévoit une baisse de 25% de la durée d’indemnisation pour tous les demandeurs d’emploi qui ouvrent des droits à partir du 1er février en métropole.
Mais fait nouveau, il était envisagé que la durée d’indemnisation baisse de 40% et non de 25%, lorsque le taux de chômage passe sous les 6% (il est actuellement à 7,3%).
“Pensée pour les macronistes zélés qui ont défilé sur les plateaux télé entre Noël et le Jour de l’An pour justifier le décret scélérat sur l’assurance chômage auquel Mme Borne vient de renoncer”, a ironisé le porte-parole du Parti communiste, Ian Brossat.
La cheffe de file des députés du Rassemblement national, Marine Le Pen, a également réagi: “prix de l’énergie, indemnisation du chômage… : ce gouvernement n’écoute personne, fait n’importe quoi et finit par rétropédaler pour atténuer ses erreurs ! Et les Français trinquent”.
La Première ministre a en revanche confirmé l’intention de l’exécutif de présenter une réforme des retraites, au Conseil des ministres du 23 janvier, après une présentation publique le 10 janvier.