Jeune poignardé à mort à MetzL'accusé condamné à 25 ans de réclusion pour le meurtre du 14 juillet

AFP
La cour d'assises de la Moselle a condamné à 25 ans de réclusion un homme qui avait donné un coup de couteau mortel à un autre le 14 juillet 2022.
Tribunal judiciaire de Metz
Tribunal judiciaire de Metz
© RTL

Mohamed Sylla, 21 ans, a été condamné vendredi à 25 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de la Moselle pour avoir tué d’un coup de couteau Samir Hamraoui, 22 ans, dans une rue passante de Metz, dans la nuit du 14 au 15 juillet 2022.

La peine, assortie d’une période de sûreté des deux tiers, est supérieure à celle requise à la mi-journée par l’avocat général David Touvet, qui avait demandé 22 ans de réclusion, ainsi que l’interdiction définitive de territoire français.

Mohammed Sylla était arrivé de Côte d’Ivoire en France en 2018, en tant que mineur non accompagné. L’interdiction de territoire a également été prononcée par la cour.

À l’audience, l’accusé n’a pas laissé transparaître d’émotion particulière au cours des plaidoiries des avocats et des réquisitions de l’avocat général.

Ayant eu la parole en dernier, le jeune homme a présenté ses excuses à la famille et aux amis de Samir Hamraoui. “Je suis vraiment désolé. Je n’avais pas l’intention de faire ça”, a-t-il dit.

En ce soir de fête nationale, Samir Hamraoui et sa bande de copains descendent de la commune de Herserange, tout près de la frontière luxembourgeoise, où ils résident, pour s’amuser à Metz.

Vers 01H30 du matin, ils prennent la direction de la Place de la République, mais Samir Hamraoui ne l’atteindra jamais: une altercation éclate avec deux autres personnes, Mohamed Sylla et Fisnik Lahu. Aucun des protagonistes ne se connaissait auparavant. Samir Hamraoui est tué d’un coup de couteau en plein coeur.

“Irréel”

Après les faits, l’accusé et deux autres personnes prennent la fuite, en direction de l’Espagne. Il ne sera interpellé qu’un mois plus tard.

“C’est irréel, irrationnel, tout ça n’a pas de sens”, avait regretté l’avocat général, David Touvet, avant de requérir 22 ans de réclusion criminelle à l’encontre de M. Sylla, et trois ans de prison dont deux ferme contre M. Lahu, poursuivi pour des violences avec arme sur une autre victime.

M. Lahu a écopé d’une peine conforme aux réquisitions. Il a obligation de soins et de travail ou formation.

L’avocat de M. Sylla, Thomas Guyard, a lui soutenu la thèse d’une bagarre entre M. Sylla, Samir Hamraoui et sa bande de copains. “Ce sont des hommes plus ou moins jeunes, alcoolisés et avec des tendances addictives de consommation de stupéfiants”, résume-t-il.

Il avait appelé la cour à “faire bénéficier M. Sylla des doutes” qu’elle peut avoir “sur la qualification des faits”, plaidant pour une requalification en “violences avec arme” ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Ces cinq jours de procès ont été “éprouvants, terribles, dont on ne peut pas sortir insensible”, a rappelé dans sa plaidoirie Paul Herhard, avocat de la famille de Samir Hamraoui, insistant sur “l’horreur” de ce dossier marqué par la “perte d’un être cher, d’un gamin de 22 ans”. Pour lui, “c’est un meurtre, pas un coup de couteau malheureux”.

“Petit gamin espiègle”

Samir Hamraoui était décrit par ses proches comme un “rayon de soleil”, un “gamin du quartier qui donnait des coups de main” quand il y avait besoin, rempli de “projets”. Un “petit gamin espiègle”, “jeune homme bienveillant, gentil”.

Dans la cour, l’émotion était palpable. Sur le banc des parties civiles, les parents et la soeur de Samir Hamraoui étaient émus. La salle était remplie, avec la présence de très nombreux amis de la victime.

L’accusé ivoirien était lui alors âgé de 18 ans. Orphelin des deux parents, il a baigné dans la violence et a connu la guerre dans son pays natal.

Les faits de violence se poursuivent d’ailleurs en détention, où des incidents ont été recensés ces derniers mois. Des évènements qui “ne sont pas poursuivis” devant le tribunal correctionnel, a toutefois relevé son avocat.

Une expertise psychiatrique a aussi pointé que le risque de récidive de l’accusé était “majeur”, a souligné M. Touvet.

L’ex-compagne de Fisnik Lahu, poursuivie pour avoir aidé les deux hommes à prendre la fuite vers l’Espagne au lendemain des faits, a elle été condamnée à deux ans de prison, dont un an et dix mois de sursis.

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