
Le préfet de Meurthe-et-Moselle Arnaud Cochet vient d’acter, lors d’une conférence de presse ce mercredi, le passage de tout le département sous couvre-feu avancé à 18 h, et ce dès ce samedi 2 janvier.
Vingt départements sont évoqués pour un tel couvre-feu, suite aux annonces du ministre de la Santé, Olivier Véran, mardi soir. Et si des départements sont encore hésitants, à l’image de la Moselle (qui fera un bilan le 1er janvier avant de décider ou non d’avancer le couvre-feu dès le lendemain), la Meurthe-et-Moselle vient donc de franchir le cap.
Sur le département, le taux d’incidence est désormais de 253, avec 439 hospitalisations, soit dix de plus par rapport à hier, rapporte l’Est Républicain.
Un couvre-feu à 18h00 dans l’Est plutôt qu’un reconfinement: la mesure choisie par le gouvernement pour freiner le rebond de l’épidémie de Covid-19 est jugée trop légère par des responsables locaux, signe de leur inquiétude à la veille d’un réveillon du Nouvel An à haut risque.
“J’aurais aimé que nous arrivions à (...) profiter de cette période de vacances (...) pour pouvoir réaliser une forme de confinement”, a déclaré sur France Info le président (LR) de la région Grand-Est, Jean Rottner.
“Est-ce que ça ne risque pas de nous faire prendre un train de retard et donc de voir passer de nouveau cette épidémie et courir derrière?”, craint-il.
“Je reste dubitative sur la pertinence d’une demi-mesure”, a renchéri sur France Bleu Lorraine Valérie Beausert-Leick, présidente (PS) du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle. “J’espère que l’avenir nous donnera tort et qu’avancer ce couvre-feu sera suffisant”.
“Nous ne voulons pas confiner à ce stade: ni un confinement généralisé, ni un confinement local”, a fait valoir le ministre de la Santé, Olivier Véran, en annonçant les mesures mardi soir sur France 2.
Le gouvernement privilégie plutôt un avancement du couvre-feu à 18h00 au lieu de 20h00 dans certains endroits de la moitié Est du pays, particulièrement menacés par le rebond épidémique.

“Le couvre-feu, qui est un confinement nocturne, est une solution qui montre une certaine efficacité”, a commenté sur RMC l’épidémiologiste Yves Buisson, président du groupe Covid-19 à l’Académie nationale de médecine.
Mi-novembre, l’agence sanitaire Santé publique France avait d’ailleurs estimé que les couvre-feux imposés localement un mois auparavant avaient permis de ralentir l’épidémie, avant même le confinement du 30 octobre.
Selon le ministère de la Santé, 20 départements sont concernés, depuis les Ardennes jusqu’aux Alpes-Maritimes en passant par l’Allier et le Haut-Rhin. En Lorraine, La Meuse, la Moselle et les Vosges en font partie, en plus de la Meurthe-et-Moselle qui vient donc de confirmer. La mesure doit prendre effet à partir du 2 janvier, après concertation avec les élus, préfets et agences régionales de santé. “Pourquoi attendre le 2 et ne pas le faire de suite?”, s’est interrogé Jean Rottner.
Le ministère de la Santé justifie ce délai par le fait que l’inflation des tests pendant les vacances de Noël risque de donner une vision faussée de la circulation du virus. Quelques jours d’observation supplémentaires sont donc nécessaires selon lui.