Encore 40 ans à produire ?La centrale nucléaire de Cattenom change de patron

Maurice Fick
Nicolas Bachelet prendra les commandes de la centrale nucléaire de Cattenom dès le 1er avril. Directeur durant plus de cinq ans, Jérôme Le Saint estime que la centrale âgée de 40 ans "est possiblement à peine à mi-vie". Il rejoindra la direction du parc nucléaire d'EDF.
Nicolas Bachelet travaille depuis six ans à la centrale de Cattenom. Auparavant il a occupé plusieurs postes à la centrale nucléaire de Fessenheim, définitivement arrêtée en 2020.
Nicolas Bachelet travaille depuis six ans à la centrale de Cattenom. Auparavant il a occupé plusieurs postes à la centrale nucléaire de Fessenheim, définitivement arrêtée en 2020.
© CNPE de Cattenom

N’en déplaise à son voisin luxembourgeois très critique à l’égard du nucléaire, la centrale de Cattenom compte dans le paysage énergétique français, parce qu’elle “pèse": 5.200 mégawatts. C’est même “la deuxième plus puissante en France, et la deuxième plus puissante d’Europe de l’Ouest”, rappelle régulièrement Jérôme Le Saint, l’homme qui est à sa tête depuis plus de cinq ans et pour une poignée de jours encore.

Jérôme Le Saint a l’habitude des petites phrases lâchées au moment opportun. En janvier 2025 par exemple, lors de la cérémonie des vœux organisée à Cattenom, le directeur de la centrale avait évoqué pour la première fois la construction d’un EPR à Cattenom. Évoquant la poursuite de l’exploitation de la centrale jusqu’à 60 ans et “pourquoi pas au-delà”. En juillet 2025 il a expliqué au micro de RTL Infos que le site de Cattenom dispose “de nombreux atouts pour accueillir de nouveaux réacteurs”. Son credo: “Il n’y a pas de durée de fonctionnement limite pour une centrale nucléaire en France”.

Au moment de la quitter pour rejoindre la direction du parc nucléaire d’EDF (qui compte 57 réacteurs) à Paris, il décrit la centrale de Cattenom comme étant “en pleine jeunesse”. “Elle a 40 ans et elle est possiblement à peine à mi-vie”, lâche Jérôme Le Saint. Avant d’expliquer que “poursuivre l’exploitation du site, ce n’est pas une question de durée de vie mais d’utilité, et la centrale est prête à mener les grands défis industriels qui l’attendent”.

Jérôme Le Saint dit qu’il gardera “toujours un regard particulier pour la centrale de Cattenom et pour celles et ceux qui l’exploitent chaque jour”. Il continuera de voir ses panaches de vapeur puisque sa famille reste vivre en Moselle.

Jérôme Le Saint (à gauche) passera officiellement le relai à Nicolas Bachelet le 1er avril 2026.
Jérôme Le Saint (à gauche) passera officiellement le relai à Nicolas Bachelet le 1er avril 2026.
© CNPE de Cattenom

Jusqu’ici directeur délégué maintenance à Cattenom, Nicolas Bachelet, 51 ans et père de trois enfants, prend la direction de la centrale nucléaire et de ses 2.300 salariés EDF et partenaires. Les six dernières années, il a été directeur délégué de la centrale, en charge de l’exploitation des quatre réacteurs puis en charge du programme de maintenance.

Il rappelle d’emblée que la centrale produit “75% des besoins en consommation de la région Grand Est” et que sa production d’électricité “sûre et bas carbone” est “un atout au service des enjeux climatiques”. Sa priorité sera de poursuivre cette dynamique et de mener “un programme industriel ambitieux permettant l’exploitation de la centrale au-delà de 60 ans, dans les meilleurs standards de sécurité pour chacun de nos intervenants”.

Diplômé de l’École nationale d’ingénieurs de Belfort en 1998, Nicolas Bachelet s’est dessiné un parcours professionnel au sein du parc nucléaire d’EDF. Il a d’abord été ingénieur sûreté, puis chef d’exploitation en charge des équipes de conduite qui pilotent les réacteurs à la centrale nucléaire de Saint-Alban en Isère.

Il a ensuite rejoint la centrale de Fessenheim en Alsace, la première centrale nucléaire de type réacteur à eau pressurisée. Il y a occupé plusieurs postes durant dix ans: chef de service sûreté puis maintenance, directeur gestion et politique industrielle puis chef de mission production alors en charge du pilotage de la production de la centrale lors de l’arrêt définitif de la centrale le 30 juin 2020. Il y avait notamment pour mission de lancer la création du projet de pré-démantèlement de la centrale alsacienne.

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