Un boulanger mosellan en colère"Il faudrait vendre la baguette à 4 euros pour être rentable"

RTL Infos
Avec la hausse prévue des tarifs de l'énergie, 2023 s'annonce "catastrophique" pour les boulangers français. Témoignages d'artisans en colère, dont un boulanger mosellan qui a dû mettre la clé sous la porte.
© AFP

La baguette, avec sa croûte croustillante et sa mie moelleuse, emblème dans le monde de la vie quotidienne des Français, a été inscrite récemment au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco.

Mais derrière les fourneaux, l’heure n’est pas à la célébration. Énormément de boulangers jouent actuellement leur survie, écrasés par les prix de l’énergie.

C’est le cas de Julien Bernard-Regnard, qui avait ouvert sa boulangerie il y a cinq ans à Bourgaltroff, un petit village de Moselle. Mais ce passionné a pourtant dû mettre la clé sous la porte le 4 décembre, rapporte France Info:Je suis passé de 400 à 1.300 euros par mois pour mes dépenses énergétiques”, détaille l’ancien boulanger de 32 ans. Malgré les ajustements et le licenciement de sa vendeuse, ses charges ont eu raison de son activité.

“PROFONDE RAGE CONTRE LE GOUVERNEMENT QUI NOUS MENT”

Ça faisait cinq ans que j’avais la boulangerie, c’était une création de A à Z. J’ai ramé pendant un ou deux ans, pour créer ma clientèle. Puis je pensais que le pari était gagné, j’avais une clientèle et un chiffre en progression tous les mois... Ça me rend malade, c’est atroce. Ça faisait un mois que je le savais et je l’ai annoncé cette semaine. Tout le monde a pleuré. C’était mon bébé” témoigne-t-il auprès de Lorraine Actu. Avant d’ajouter: “Je ressens une profonde rage contre le gouvernement qui nous ment. On nous avait promis qu’on ne nous lâcherait pas et qu’aucune entreprise ne fermerait. Mais finalement, je me rends compte, comme presque tous les boulangers, que je n’ai droit à rien.”

Gros consommateurs, les artisans des métiers de bouche dont la puissance de compteur dépasse 36 kVa ne peuvent pas, en effet, profiter du bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement pour limiter à 15% la hausse des charges. “L’année 2023 sera une catastrophe pour la profession”, prédit déjà Lilian Cordon, boulanger depuis vingt ans dans les Deux-Sèvres.

“Jusqu’à combien peut-on encore monter ? s’interroge William, un autre boulanger cité par France Info. Si on répercute vraiment la hausse des prix de l’énergie sur le prix de nos produits, il faut vendre la baguette à 4 euros pour être rentable. Un plafond que Julien Bernard-Regnard n’a pas envisagé une seconde avant de baisser le rideau de son commerce. “Il m’était difficile d’imaginer imposer des prix exorbitants à mes clients”, explique l’ancien boulanger, qui raconte s’être limité à une baguette à 1,30 euro en novembre. Avant de devoir fermer définitivement boutique.

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