
Encore méconnu du grand public, le service Eures (pour Services européens de l’emploi, créé par la Commission européenne) est implanté en France dans plusieurs agences frontalières de Pôle Emploi. Il regroupe des conseillers en contact avec des entreprises et administrations étrangères, formés pour accompagner les travailleurs et les demandeurs d’emploi vers des postes au-delà des frontières.
Son leitmotiv: aider les citoyens à bénéficier de la libre circulation des travailleurs, un des “principes fondamentaux de l’Europe” lit-on dans le compte-rendu de la Commission européenne. Eures ne se limite d’ailleurs pas au Luxembourg et est actif dans une trentaine de pays européens. En Lorraine, les conseillers aident à trouver des postes au Grand-Duché mais aussi en Allemagne et en Belgique.
L’agence Pôle Emploi d’Hayange, où le service Eures a été implanté en 2010, compte justement deux conseillers, qui gèrent plusieurs dizaines de dossiers chaque mois et organisent plusieurs formations à destinations des travailleurs. Chahinèze Tenafer est l’une d’entre eux. “On organise régulièrement des sessions d’informations sur la fiscalité, l’emploi, le système social du Luxembourg. Mais il nous arrive aussi de parler des transports, qui sont une vraie problématique, ou de la langue.”
Ce service permet ainsi un retour à la vie active en tirant profit de la présence des pays voisins, parfois encore un peu mal appréhendés par les personnes en recherche d’un nouveau poste. “On reçoit beaucoup de demandeurs qui ont des proches employés au Grand-Duché, avec des salaires plus élevés, donc forcément ça les interpelle. Certains ont encore cette vision d’eldorado qui entoure le Luxembourg. C’est donc à nous de bien les informer sur les avantages et les inconvénients d’une embauche derrière la frontière” explique Chahinèze Tenafer.
Contre des salaires et des aides sociales plus élevées, le Luxembourg apporte aussi son lot de contraintes. Notamment en termes de déplacements, mais aussi de profils recherchés. “Les langues et l’expérience professionnelle y sont généralement plus appréciées que les diplômes, mais la formation française est tout de même de très bonne qualité.” Ce que les entrepreneurs luxembourgeois ne semblent pas démentir puisque les Français représentent plus de la moitié des frontaliers employés au Grand-Duché. Une dynamique qui ne devrait pas s’atténuer: selon les estimations, jusqu’à 50.000 frontaliers français supplémentaires pourraient rejoindre le Luxembourg d’ici 2035.
Le service Eures est accessible aux demandeurs d’emploi comme aux travailleurs en poste, qu’ils soient résidents ou non du bassin d’Hayange, par mail: international.54076@pole-emploi.fr