
Le Luxembourg n’arrivera jamais à se débarrasser du sujet. Dans une tribune publiée par l’association “Au-delà des frontières”, de nombreux élus allemands et français demandent au Grand-Duché de mettre la main à la poche.
Pour compenser la présence 53.000 frontaliers allemands et 117.000 frontaliers français au Luxembourg, dont l’impôt revient “entièrement” au Luxembourg, ils demandent une “adaptation des conventions entre l’Allemagne, la France et le Grand-Duché”.
Un changement qui prendrait la forme “d’une compensation fiscale par l’État luxembourgeois”, à l’instar “de ce qui a déjà été convenu entre la Belgique et le Grand-Duché (48 millions d’euros par an, NDLR) ou entre la France et la Suisse (326 millions d’euros versés par Genève en 2021, NDLR)”.
Les élus - plusieurs députés allemands et français, des conseillers régionaux et des maires lorrains, l’ancien maire de Metz Dominique Gros notamment - jugent cette compensation urgente et indispensable pour “créer les conditions d’un véritable développement européen aux frontières du Luxembourg”.
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Selon leurs calculs, basés sur les accords passés entre la France et la Suisse, la France pourrait récupérer entre 192 et 247 millions d’euros par an. Et l’Allemagne empocherait entre 100 et 128 millions d’euros.
Au niveau local, cela représenterait entre 8 et 10,5 millions d’euros pour la ville de Thionville (dont le maire n’a pas signé la tribune car il s’est prononcé plusieurs fois contre la rétrocession fiscale). Ou encore 5 et 6,4 millions d’euros pour Metz. Mais aussi 9 à 11,6 millions en faveur de Trèves. “Sans cela, l’affaiblissement de nos services publics locaux par manque de marge d’action budgétaire est inéluctable” argumentent-ils.
À court terme, il y a peu de chance que le Luxembourg se montre emballé. Notamment parce que le Premier ministre Xavier Bettel a toujours trouvé les mots pour botter en touche sur le sujet. Sa méthode: tout miser sur le codéveloppement d’infrastructures utiles pour les frontaliers. C’est aujourd’hui le cas pour les transports en France. Nul doute qu’à quelques mois de briguer un nouveau mandat lors des élections législatives, il saura rassurer ses électeurs sur sa capacité à codévelopper sans (rétro)céder.
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