"Europe - la Bataille des sièges" : tel est le titre du dernier film de Donato Rotunno. L’idée était de faire un film sur l’Europe d’une autre manière, moins didactique et moins sèche, explique le réalisateur à notre collègue de RTL, Claudia Kollwelter, dans une interview.
Comment raconter l’histoire de l’Europe d’une nouvelle façon ? Une sorte de thriller, des images en noir et blanc et du jazz : voilà les éléments qui sont venus à l’esprit de Donato Rotunno au début du projet. Et la musique en a été le point de départ :
"J’ai alors pensé à Pascal Schumacher et je l’ai appelé. Je lui ai dit : 'Pascal, j’ai une idée vraiment étrange : nous commençons par la musique. Je n’ai encore rien tourné. Je ne sais pas encore du tout où cela va me mener. Commençons, rencontrons‑nous et parlons du projet. Ensuite, voyons pour passer trois jours ensemble en studio, avec des musiciens, afin de créer en quelque sorte un univers musical.' Et c’est ainsi que tout a commencé."
Dans la musique, le réalisateur a ressenti ce qu’il souhaitait ensuite raconter dans le film :
"C’est ainsi que j’ai commencé à visionner les images d’archives, de 40 à 70 heures de matériel d'archives, à identifier les protagonistes et à analyser, dans ces archives, ce que ces protagonistes ont dit, ou n’ont pas dit, sur 50 ans, 20 ans, 30 ans, et à chercher une structure qui nous permette de passer d'interviews, d'images d’archives à des moments plus politiques, poétiques."
La construction de l’Europe et l’implantation de ses institutions sont au cœur du film, et donc trois villes : Luxembourg, Bruxelles et Strasbourg. Le choix des personnes interviewées est donc aussi déterminé par ces villes :
"L’évidence, c’était bien sûr Catherine Trautmann. C’est une femme très forte. Pendant vingt ans, elle a tout fait pour Strasbourg. Elle a véritablement amené le Parlement là‑bas, l’a construit, a tout mis en œuvre pour que le projet politique puisse y survivre. Et il y a deux mois, elle a été réélue. Elle est redevenue maire de Strasbourg."
Lorsqu’on parle de l’Europe, on ne peut pas non plus passer à côté de Jean‑Claude Juncker. Charles Goerens et Colette Flesch ont également été interviewés :
"Nous avons eu la chance, avec Colette Flesch, d’avoir encore eu et trouvé le temps de partager des moments très intimes et très beaux. C’est bien sûr aussi une femme très forte, qui a joué un rôle important pour le Luxembourg. Je pense que sans Colette et d’autres, le Luxembourg n’aurait peut‑être pas été aussi important dans la construction européenne."
Le long-métrage est donc une combinaison d’interviews, d’images d’archives, de jazz et de l’architecture des institutions européennes. Le film sort dans les salles luxembourgeoises le 13 mai. Samedi dernier, à l’occasion de la Journée de l’Europe, il a également été présenté sous la forme d’un ciné‑concert à la Philharmonie, avec concert en direct de Pascal Schumacher et du Singülar Orchestra pendant la projection.