
Depuis 2014, un règlement européen est en place pour le passage de frontière de tout animal domestique. Pour pouvoir passer d’un pays à l’autre au sein de l’Union Européenne, nos animaux de compagnie doivent être identifiés à l’aide d’une puce électronique, posséder un passeport européen, et être vaccinés contre la rage. Néanmoins, des pays peuvent y déroger et assouplir certaines règles, c’est le cas du Luxembourg.
"Le territoire du Luxembourg étant relativement petit, on s’est vite rendu compte qu’il faudrait assouplir les règles, car il est beaucoup plus probable qu’on adopte un chaton ou un chiot en-dehors de nos frontières", nous explique Dr Mousel. La plus grosse contrainte de la législation européenne est au niveau de la vaccination contre la rage: en effet, pour pouvoir être valablement vacciné, l’animal doit être âgé d’au moins 12 semaines, et attendre un délai de 3 semaines après la vaccination.
Au Luxembourg, les conditions d’entrée sont un peu plus souples. Peu importe l’âge de l’animal, il doit toujours pouvoir être identifié à l’aide d’une puce électronique et être en possession d’un passeport européen. C’est en revanche sur la vaccination contre la rage que le pays fait preuve de plus de souplesse, mais ce, en fonction de l’âge de l’animal:
Il s’agit donc d’une certification sur l’honneur qui sera de la responsabilité du propriétaire précédent. Les refuges et les éleveurs situés proches de la frontière luxembourgeoise sont en général plutôt au courant de ce principe.

La vaccination contre la rage est obligatoire au Luxembourg et ce n’est pas anodin. Aujourd’hui encore, la rage est extrêmement dangereuse, voire mortelle. Même pour les humains, la rage est mortelle, sauf si on parvient à se faire vacciner d’urgence avant l’apparition de signes cliniques. Un chien atteint par la rage sera malheureusement euthanasié, aucun remède n’existant à ce jour.
"Ces règles sont en place principalement pour limiter les conséquences du trafic de chiots en provenance de l’Europe de l’est ou du sud, où les conditions d’élevage peuvent être incorrectes ou douteuses. Dans ces régions, il existe encore des cas de rage endémique." Au Luxembourg, les seuls cas de rage viennent d’animaux importés de pays où la rage circule encore.
Si l’animal est rentré sur le territoire luxembourgeois illégalement, il devra passer une procédure de mise en conformité: le vétérinaire doit déclarer les données du propriétaire et de l’animal à l’administration luxembourgeoise. L’animal devra alors avoir deux visites de contrôle chez un vétérinaire, l’une après 3 mois et la seconde après 6 mois. En outre, l’animal devra subir une quarantaine; pour les chiens, ils peuvent être promenés mais ne peuvent pas quitter le territoire. Après la seconde visite, l’animal pourra alors se voir attribuer un passeport luxembourgeois.
La plupart du temps, le propriétaire n’est simplement pas au courant des règles en place et accepte la procédure de mise en conformité. Pour ceux qui ne voudraient toutefois pas se plier aux règles, le vétérinaire doit le signaler à l’administration et le dossier peut aller jusqu’à la saisie de l’animal.
Connaissez-vous la LAK?
La LAK est la Lëtzebuerger Associatioun vun de Klengdéierepraktiker (Association luxembourgeoise des praticiens pour petits animaux). C’est en quelque sorte le «syndicat» des vétérinaires pour petits animaux de compagnie; elle représente les vétérinaires et défend les intérêts de leurs 120 membres. Elle organise également des formations continues en soirées ou en weekends, ainsi que des séminaires ou voyages pour des congrès à l’étranger.
On peut retrouver sur leur site lak.lu diverses informations destinées au grand public, telles que certaines législations en pratique ou voyager à l’étranger avec son animal, ainsi que rechercher un vétérinaire près de chez soi.