
Dès le 1er janvier 2025, des règles beaucoup plus strictes pourraient s'appliquer aux restaurateurs au Luxembourg en matière d'emballage. Il est envisagé de ne plus autoriser que les emballages réutilisables à partir de cette date. Cela concerne notamment la vente de plats à emporter, par exemple, les pizzas. La Fédération nationale des hôteliers, restaurateurs et cafetiers, tire la sonnette d'alarme, car le secteur n'est absolument pas préparé à ce scénario, selon Claude Ries, formateur à l'Horesca.
"Si nous devrons avoir des récipients qu'il faudra rapporter, laver et recycler, je ne pense pas que nous soyons prêts à faire tout cela aujourd'hui. Par ailleurs, au niveau de ces récipients, s'il s'agit d'une pizza à livrer, pour le transport, ça pourrait encore éventuellement aller, mais comment les récupérer?"
Actuellement, les pizzas sont livrées dans des cartons qui doivent être jetés dans la poubelle bleue ou dans la poubelle grise pour déchets résiduels s'il subsiste des résidus de graisse ou d'aliments. L’alternative réutilisable serait non seulement associée à un plus gros investissement, mais aurait également des effets négatifs sur la qualité des aliments.
"Donc pour les pizzas, si nous en restons là, il y aura seulement des boîtes en plastique. Je sais cependant par expérience, nous avons aussi testé, qu'une pizza chaude, qui sort d'un four chaud, qui dégage de la vapeur, qui est plutôt grasse à cause du fromage, et qui arrive dans une boîte, cela donne quelque-chose d'assez mou. L'avantage avec le carton, c'est qu'il absorbe, ce qui n'est pas le cas ici."
L'Horesca s'offusque surtout du fait que ces règles plus strictes ne touchent que les restaurants et pas les supermarchés. Ce serait de la "concurrence déloyale", qui en plus n'a aucun sens.
"Je pense que notre secteur achète de plus en plus localement, des produits luxembourgeois, aussi pour faire des pizzas. Et pour moi, ce n'est pas logique qu'un produit industrialisé, en fait une pizza préemballée, qui vient d'ici ou là et qui n'est pas du tout du pays, soit favorisé et qu'il puisse encore être vendu dans un emballage jetable"
Au sein même du secteur HoReCa, des entreprises spécifiques seraient davantage lésées, par exemple les foodtrucks, qui ne disposent pas de lave-vaisselle ou seulement d'un petit.
"Ils dépendent d’un système externe. Il y en a quelques-uns qui y viennent progressivement. Mais le consommateur est-il prêt à accepter ce système: télécharger une appli sur son téléphone et gérer tout ça et toujours garantir que les récipients seront rendus dans deux semaines au plus tard? Même si nous sommes un petit pays, cela ne fonctionne pas encore à 100%."
Le responsable de l'Horesca y voit un risque qu'un certain nombre d'entreprises, qui sont déjà en difficulté à cause des frais élevés, surtout au niveau du personnel, puissent fermer. D’autres pourraient emprunter d’autres chemins.
"Les plus combatifs tentent de trouver un juste milieu, une alternative. Vous le voyez un peu avec les distributeurs automatiques qui sont installés à l'extérieur. Vous pouvez y mettre des pizzas préemballées, qui ne sont pas concernées non plus [par les nouvelles restrictions]. Je dis toujours en exagérant: devrons-nous commencer à mettre un distributeur automatique devant nos pizzerias pour pouvoir continuer? Ce serait triste, s'il en était ainsi."
L'Horesca souhaite que le Luxembourg se limite à la directive européenne qui prévoit une alternative réutilisable. Les représentants du ministère de l'Environnement et de l'Horesca se réuniront à nouveau pour se concerter le 15 octobre.