
La colossale affaire des "poseurs de bombe" (en luxembourgeois "Bommeleeër") avait démarré par une série d'attentats commis au Luxembourg entre mai 1984 et mars 1986. S'en est suivi un vaste feuilleton juridique à rebondissements impliquant les forces de l'ordre et allant jusqu'au plus haut niveau de l'État, impliquant jusqu'au frère du grand-duc Henri.
Près de quarante ans après les attentats, la colossale affaire dite "Bommeleeër", continue de faire des vagues et la justice de chercher à faire la lumière. Ce jeudi 22 février 2024, la justice luxembourgeoise fait savoir que la chambre du conseil du tribunal d’arrondissement de Luxembourg a rendu mercredi l’ordonnance de règlement de la procédure d’instruction dans le cadre de l’affaire.
La chambre du conseil a décidé "le renvoi devant une chambre criminelle de huit personnes inculpées par le juge d’instruction" dans la suite du procès qui s'était déroulé en 2014, il y a donc dix ans.
Cinq anciens dirigeants de la gendarmerie grand-ducale - à savoir Guy Stebens, Pierre Reuland, Charles Bourg, Armand Schockweiler et Aloyse Harpes - se voient reprocher "d'avoir commis des faux témoignages" au cours du procès qui s’est tenu durant 179 jours en 2013 et 2014, et d'avoir ainsi "entravé le travail de la justice".
Un ancien membre de la Brigade mobile (Marcel Weydert) et deux anciens fonctionnaires de la Sûreté publique (Paul Haan et Guillaume Buchler) sont aussi renvoyés devant une chambre criminelle mais "uniquement pour faux témoignage".
A noter que l’action publique a été déclarée éteinte pour Lucien Linden, décédé depuis son inculpation.
La chambre du conseil a par ailleurs estimé, contrairement aux réquisitions du parquet, qu’il n’y a pas lieu de poursuivre les cinq anciens dirigeants de la gendarmerie grand-ducale, ni l’ancien membre de la brigade mobile de la gendarmerie, "en relation avec les attentats aux explosifs à proprement parler."
La chambre du conseil n’a pas non plus fait droit aux réquisitions du parquet à voir renvoyer Ben Geiben, ancien chef de la Brigade mobile, du chef des attentats aux explosifs.
Les intéressés tout comme le parquet disposent d’un délai de cinq jours pour interjeter appel.