L'OGBL s'est mis en ordre de bataille et a lancé ce mardi à Esch sa campagne électorale pour les élections sociales du 12 mars. Voici ses grandes priorités et l'enjeu de ces élections qui concernent 650.000 salariés et retraités.

"Nous sommes bien lancés et sommes confiants", a assuré Nora Back, présidente de l'OGBL, mardi devant la presse et en présence d'une floppée de délégués du personnel réunis à la Maison du peuple à Esch-sur-Alzette. Le mot d'ordre au moment de lancer la campagne électorale pour les élections sociales du 12 mars est donné: "Notre but est de consolider notre position de premier syndicat du pays".

Pour y parvenir, le syndicat (liste 2) a déjà recruté bien plus de candidats pour défendre les intérêts des salariés dans les entreprises qu'il y a cinq ans, mis en avant ses 60 candidats pour la Chambre des salariés (CSL) et sa présidente a officiellement lancé sa campagne sous le slogan: "Jamais seul face à l'injustice sociale".

Après avoir défendu son bilan marqué par la défense de l'indexation des salaires en période d'inflation, le plafonnement des prix de l'énergie, mais aussi la réindexation des allocations familiales et la signature de 232 conventions collectives de travail, Nora Back a dévoilé les grandes priorités du programme électoral.

Retraites, temps de travail, pouvoir d'achat...

L'avenir du système de retraites au Luxembourg est la première priorité de l'OGBL vu que la "politique a déjà annoncé sa volonté de s'attaquer au système de retraite", mais "avec l'OGBL il n'y aura pas de détérioration des prestations de retraite au Luxembourg", promet Nora Back.

Le grand sujet politique sera le temps de travail puisque "le nouveau gouvernement conservateur-libéral a déjà annoncé vouloir flexibiliser davantage les horaires de travail. Mais la ligne rouge a été franchie. Les travailleurs au Luxembourg sont déjà ultra flexibles dans tous les secteurs". L'OGBL voudrait que la flexibilisation soit négociée dans le dialogue social et pour chaque convention collective et non imposé par une loi.

Autre priorité, le pouvoir d'achat. L'OGBL veut se battre pour "plus de conventions collectives, seul garant pour avoir de meilleurs salaires qui soient aussi plus transparents et plus équitables". Le syndicat en a signé 18 nouvelles au cours des cinq années passées. Nous voulons une augmentation du salaire social minimum puisque le Luxembourg est le dernier de la classe de la zone euro en ce qui concerne les travailleurs pauvres comme la CSL l'avait révélé au printemps 2023.

Le logement reste une urgence au Luxembourg, car "le travailleur a droit à un toit". Alors que l'accès à la propriété est devenu très compliqué au Luxembourg et que les loyers ne cessent de grimper, l'OGBL dit "stop à la spéculation qui à l'origine de la spirale infernale du logement". La solution passe par l'imposition, un mécanisme de plafonnement des loyers et plus de logement social.

L'OGBL veut davantage de justice fiscal et revendique une réforme du barème d'imposition qui "imposera moins les petits et moyens salaires mais fera payer plus d'impôt aux très hauts salaires", résume Nora Back. L'OGBL veut aussi imposer davantage les revenus du capital care au Luxembourg "on est largement plus imposé sur le travail que sur le capital, ce qu'il faut rétablir".

Objectif: consolider la majorité absolue pour cinq ans

Les élections sociales comporte deux volets: les élections des délégués du personnel dans les entreprises et les élections par correspondance des 60 représentants de la Chambre des salariés.

Près de 650.000 salariés retraités et apprentis (dès 16 ans) du Luxembourg recevront un courrier contenant un bulletin de vote à partir de fin janvier et directement à leur domicile. Soit "plus du double des électeurs que pour les élections législatives", souligne Nora Back pour relever leur caractère "réellement démocratique" dans un pays qui compte 284.000 électeurs pour une population de 660.000 habitants et 479.000 salariés (dont 47% sont des frontaliers).

"Rien n'est joué d'avance", sait bien Nora Back, patronne du plus grand syndicat du pays qui dispose de la majorité absolue à la CSL (35 sièges sur 60). C'est dans cette instance que se mesure réellement le poids d'un syndicat et qu'il obtient ou non la représentativité nationale qui lui permet, notamment, de siéger dans la tripartite.

L'objectif du syndicat est de "consolider cette majorité absolue", car "l'OGBL est la seule vraie force d'opposition à la politique et au patronat au Luxembourg". Nora Back rappelle que l'OGBL "était le seul à ne pas signer l'accord sur la manipulation de l'indexation, mais aussi à défendre le front syndical en France lors de l'attaque sur les retraites".

Lors des élections sociales de mars 2019, l'OGBL avait présenté 5.120 candidats dont 3.788 délégués du personnel (titulaires et suppléants) avaient été élus dans les entreprises de plus de 50 personnes. Ce qui correspondait à "un très haut taux de réussite", note Nora Back. À l'heure actuelle "nous avons déjà 600 candidats de plus qu'il y a cinq ans", ajoute-t-elle.

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