Défense du pouvoir d'achat, soutien étatique des salariés de la construction, sauvegarde du système de pension... L'agenda 2024 s'annonce chargé pour le LCGB. À la veille des élections sociales, le syndicat chrétien se positionne comme le défenseur des intérêts des salariés et met le gouvernement en garde.

Le LCGB a mis les petits plats dans les grands pour ses délégués mercredi soir au Casino de Mondorf-les-Bains et son président, Patrick Dury, a servi un discours de Nouvel An salé au nouveau gouvernement Frieden-Bettel. L'invitant à agir rapidement face à la crise dans le secteur de la construction et le mettant en garde face à la tentation de privatiser le système publique des pensions ou de créer une "société à deux classes" favorisant les fonctionnaires aux dépens des salariés du secteur privé.

"Monsieur le Premier ministre, vous devez savoir que la privatisation, c'est-à-dire le remplacement de notre système de pension par la pension complémentaire, ne peut pas être une piste sérieuse", a lancé depuis la tribune Patrick Dury, en s'adressant à Luc Frieden. Message qui s'adresse aussi au patronat. Car la destruction du système public de pension "signifie la fin du modèle tripartite et remet en cause la paix sociale!"

La pérennisation de notre système de pension a été le plat de résistance du discours du président du LCGB avec un leitmotiv: le refus "catégorique du démantèlement de notre système de pension". Il s'en est pris directement à la nouvelle ministre de la Sécurité sociale, Martine Deprez, l'accusant d'"amateurisme complet" dans son approche "populiste et démagogique" du dossier et d'être alarmiste en faisant croire que le système est au bord de la faillite. Alors que "c'est le contraire! Les réserves de 24,5 milliards d'euros sécurisent, sans problème, notre système de pension pour les décennies à venir".

À la ministre il est reproché de créer un "apartheid social" entre une "1ère classe pour les électeurs" dont font partie en premier lieu les fonctionnaires et une seconde classe à laquelle reviendraient "les miettes". Patrick Dury parle évidemment des salariés du secteur privé. Mais que la ministre, fonctionnaire, ne s'y trompe pas: "Ce sont les salariés du privé qui créent la richesse par leur travail, financent notre Sécurité sociale et les paies des ministres et non le contraire!"

Les priorités fixées pour les élections sociales

Sur les dossiers difficiles, comme celui des pensions justement, le LCGB sait bien que l'union fait la force et "veut coopérer avec les autres organisations syndicales". Mais à l'approche des élections sociales du 12 mars, le syndicat chrétien (liste 1) se différencie "assurément par le fait que l'Homme est au centre des préoccupations et que les intérêts des salariés sont la priorité absolue".

Le LCGB s'engage en priorité pour la sécurisation du pouvoir d'achat, la digitalisation, l'aménagement du temps de travail, davantage de justice sociale, plus de sécurité et d'ergonomie au travail, la sécurisation de l'existence des salariés face au risque de maladie et au chômage et le droit à la formation continue.

Patrick Dury juge que ce début 2024 est "assez tendu" car "les gens ont plein de questions sur leur avenir, la sauvegarde de leurs emplois et de leurs existences". Au niveau de l'industrie, le prix des énergies reste l'élément perturbateur et crée une concurrence déloyale entre les pays européens et le reste du monde.

"Déclarer le secteur de la construction en crise"

Mais le secteur qui préoccupe beaucoup le LCGB est celui de la construction car "chaque semaine on reçoit des gens qui ont des problèmes pour être payés à cause de faillite". La solution est de mettre en place "un plan de maintien sectoriel". Et si les syndicats ne parviennent pas à le négocier "le gouvernement doit prendre ses responsabilités et déclarer le secteur en crise pour au moins pouvoir utiliser le chômage partiel pour passer le cap d'ici la relance du secteur envisagé par le gouvernement", résume Patrick Dury.

Aux yeux du LCGB "il est inacceptable de continuer à perdre du temps car à chaque jour qui passe des entreprises risquent de tomber en faillite".

A l'approche des élections sociales, le LCGB est "motivé" et compte bien faire mieux qu'en 2019 quand il a obtenu 18 sièges, soit trois de plus que cinq ans auparavant.