Affaire "Bari"Des difficultés du trafic de stupéfiants pendant la pandémie

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Lors du quatrième jour du procès de l'affaire dite "Bari", qui mêle blanchiment d'argent et trafic de stupéfiants, il a été question mardi des informations d'un enquêteur infiltré de la police.
© afp

Au cours des 12 dernières années, il aurait bâti un véritable empire. Aujourd'hui, il aurait une grosse équipe de dealers. Voilà ce qu'a dit le principal accusé à l'enquêteur infiltré, lors de leur deuxième rencontre dans un garage à Esch en octobre 2020. Le policier avait fait semblant de vouloir lui acheter huit kilos de cocaïne.

Mais à ce moment-là, en octobre 2020, le marché des stupéfiants avait considérablement ralenti. Le prix du kilo de cocaïne avait fortement augmenté. Des livreurs venus des Pays-Bas ne voulaient plus transporter la marchandise au Luxembourg. Aller chercher de la drogue avec un véhicule immatriculé au Grand-Duché, aurait représenté un trop gros risque. En temps normal, il se faisait livrer trois à quatre kilos par semaine, avait dit à l'époque l'accusé.

Le dealer présumé avait les mains liées. Il voulait vendre à ses clients des stupéfiants de grande qualité. Il aurait dit à ses dealers d'envoyer leurs clients à la Gare, parce qu'il n'avait rien reçu. Le chef du gang voulait attendre le retour à la normalité pour reprendre son activité.

A ce moment-là, il avait seulement une petite affaire de marijuana en cours. C'est ce qu'a raconté l'accusé principal à l'enquêteur infiltré. Il semble qu'il se soit fait livrer la drogue par la poste depuis l'Espagne.

Il ne devait jamais y avoir de véritable livraison de cocaïne à l'enquêteur infiltré. Le 11 novembre 2020, la police est intervenue à plusieurs endroits dans le sud du Luxembourg. Neuf arrestations ont eu lieu ce jour-là, dont celles du principal accusé et de son bras droit. Un kilo de cocaïne, six de marijuana et quatre de haschich ont été saisis, de même que quatre biens immobiliers, 17 voitures, 55 smartphones et de grosses sommes d'argent. D'autres interpellations ont suivi dans les jours suivants.

105 clients potentiels ont été convoqués au commissariat de police. 67 d'entre eux ont admis avoir reçu des stupéfiants à un certain moment. Ce qui a surpris l'enquêteur, c'est que la majorité d'entre eux n'étaient pas connus des services de police. Ce serait effectivement plutôt exceptionnel. On pourrait en déduire que le principal prévenu avait bien choisi ses clients.

L'enquêteur a ajouté qu'il est probable que l'accusé vendait de la marijuana depuis une dizaine d'années, de la cocaïne depuis huit ans et du haschich depuis sept ans.

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