Malgré le déficit de la CNSLes hôpitaux "doivent continuer à investir dans la qualité", estime le directeur de la FHL

Annick Goerens
adapté pour RTL Infos
Mardi matin, Sylvain Vitali, directeur de la Fédération des hôpitaux luxembourgeois (FHL) était l'invité de la rédaction de RTL. L'émission était consacrée au secteur de la santé au Luxembourg.
© Annick Goerens

La Caisse nationale de Santé est sous pression. Pour cette année, un déficit d’environ 160 millions d’euros est prévu à la CNS. À la veille de la réunion de la quadripartite des acteurs du secteur de la santé, qui se tiendra mercredi à Dudelange, le directeur de la Fédération des hôpitaux luxembourgeois (FHL) a clairement pris position mardi sur RTL. Selon Sylvain Vitali, faire des économies ne doit pas se faire au détriment de la qualité. "Seule une qualité élevée des soins et la sécurité des patients permettront de stabiliser durablement les coûts".

Un budget fixe pour les hôpitaux est un frein à l'innovation

Contrairement à d'autres prestataires, les hôpitaux au Luxembourg travaillent avec "une enveloppe budgétaire plafonnée" : environ 1,5 milliard d’euros pour les onze hôpitaux. Cela signifie qu’ils ne peuvent pas dépenser plus que le montant qui leur est alloué. Il s’agit là d’une "exception", qui fait que les investissements dans de nouvelles technologies ou des équipements modernes ne sont pas toujours possibles. C’est précisément pour cette raison qu’une ‘prime qualité’ a été mise en place, afin de pouvoir cofinancer certains équipements et garantir "que les patients bénéficient des standards les plus élevés en matière de prise en charge".

Et bien sûr, nous ne devons pas oublier que, parce que nous voulons être innovants, nous utilisons de nouvelles techniques. Cela a un coût. Et je pense que c’est justement là le problème : si notre budget ne peut pas continuer à évoluer, nous ne pourrons pas non plus garantir que les patients bénéficieront des meilleurs soins.

D'autres prestataires du secteur de la santé pourraient, en revanche, produire autant qu’ils le souhaitent.

Poste de dépenses majeur : le personnel

La plus grande part du budget hospitalier est consacrée au personnel : les dépenses de personnel représentent entre 60 et 70 % des coûts. Environ 10.000 personnes travaillent en effet dans le secteur hospitalier. À cela s’ajoutent quelque 20 % de coûts variables, tels que les médicaments, les pansements, les prothèses ou d’autres matériels médicaux.

Centralisation de la stérilisation et des analyses de laboratoire : de nouveaux projets pour réduire les coûts

La priorité actuelle est toutefois clairement aux économies, et "les hôpitaux ont déjà prouvé ces dernières années qu’ils pouvaient en faire", explique le directeur de la FHL. Si l’on observe l’évolution des coûts, on constate que la part des dépenses hospitalières dans les dépenses globales de l’assurance maladie‑maternité était d’environ 50 % avant 2012, contre 44 % cette année. Par ailleurs, les hôpitaux procèdent à des achats groupés, notamment pour les médicaments, pour un montant d’environ 100 millions d’euros par an. De tels volumes permettent évidemment de réaliser des économies substantielles.

À l’avenir, il est également prévu de centraliser la stérilisation. Il s’agit d’une activité majeure, puisque près de 80.000 interventions sont réalisées chaque année et qu’une grande quantité de matériel provenant des blocs opératoires doit être traitée. En outre, une meilleure coopération au niveau des laboratoires est également envisagée, afin, par exemple, de centraliser des analyses.

Idées de réforme : l’État devrait prendre en charge davantage de coûts

Pour soulager la CNS, il est question depuis plusieurs années de retirer le coût du congé de maternité du budget de la CNS pour le transférer vers le budget de l’État. "Pour nous, c’est une bonne piste que nous soutiendrons pleinement", a déclaré Sylvain Vitali. Par ailleurs, la FHL présentera mercredi, lors de la quadripartite, sa proposition visant à ce que l’État prenne entièrement en charge les coûts de construction de nouvelles infrastructures hospitalières. Actuellement, l’État finance 80 % de ces coûts et la CNS 20 %. Ces moyens financiers pourraient être investis dans les soins aux patients, ce qui dégagerait une marge de manœuvre financière pour la Caisse nationale de Santé.

Après l’affaire Wilmes : la FHL propose une évaluation renforcée des résultats des traitements

L’affaire concernant le chirurgien suspendu Philippe Wilmes a quelque peu entamé la confiance des patients dans le système de santé. Les hôpitaux travaillent certes selon des normes de qualité internationales pour lesquelles ils sont accrédités, mais cela ne suffit pas pour la FHL. À l’avenir, il faudra évaluer de manière plus approfondie l’efficacité réelle des traitements, c’est‑à‑dire leurs résultats pour les patients. Cette démarche se ferait en collaboration avec le Collège médical et les médecins hospitaliers, explique Sylvain Vitali.

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