Pour Claude Hermes, cette journée du 7 septembre a une saveur particulière. Le pilote luxembourgeois de montgolfière a officiellement baptisé un ballon flambant neuf, marquant une nouvelle étape dans un parcours aéronautique entamé il y a plus de trente ans.
Claude est une figure bien connue du monde de l’aérostation au Luxembourg.
Nous l'avions rencontré l'été dernier à Chambley lors du festival Enenvol qui rassemblait plus de 200 pilotes venus du monde entier.
Sa passion est née en 1993, lorsqu’il a effectué son premier vol en tant que passager à l’occasion du Championnat du monde organisé au Grand-Duché. Et c'était à bord du ballon RTL "J'avais gagné un concours sur vos ondes, c'est un peu grâce à RTL que j'ai attrapé le virus" nous glisse-t-il.
L'expérience l'a profondément marqué et l’a poussé à poursuivre son rêve de prendre un jour lui-même les commandes d’une montgolfière.
Après plusieurs années d’efforts et d’économies, il obtient son brevet de pilote en 2002 et ne cesse depuis de sillonner les cieux luxembourgeois et européens.
Piloter un ballon est une chose, mais concevoir sa montgolfière en est une autre. Soucieux de faire évoluer son équipement, Claude Hermes a confié la fabrication de sa nouvelle montgolfière à Schroeder fire balloons, l'un des leaders européens de l'aérostation. La société, basée près de Trèves maîtrise tout le processus de A à Z.
Car la création d’un ballon moderne demande un vrai savoir-faire.
Choix de matériaux ultra-résistants et légers. La nacelle est toujours fabriquée en osier, à la main. Grâce à sa structure tressée, l'osier est à la fois rigide et extrêmement flexible. C'est un matériau naturel, mais surtout un véritable amortisseur naturel capable d'absorber les chocs violents lors des atterrissages.
Les brûleurs, fabriqués également chez Schroeder, offrent une configuration technique sur mesure pour garantir une parfaite stabilité thermique lors des ascensions matinales.
Le montage d'usine est un travail d'orfèvre confié à des constructeurs spécialisés, respectant les normes de sécurité de l’aviation civile.
Pour un pilote, le baptême d'un nouveau ballon représente bien plus qu’un simple renouvellement de matériel. Chaque enveloppe possède une identité propre et chaque mise en service constitue un événement chargé d’émotion. L'inauguration près du château de Meysembourg, en présence du sponsor et des membres du Cercle Luxembourgeois de l'Aérostation, est l’aboutissement de longs mois de réflexion, de conception et de préparation.
Une nouvelle montgolfière comme celle-ci coûte le prix d'une très belle voiture, environ 75.000 euros. C'est pourquoi les pilotes cherchent toujours des sponsors. Cette fois-ci, il s'agit de Raiffeisen qui, à travers ce partenariat, célèbre le centenaire de la Banque.
Au-delà de l’aspect financier, ce baptême est aussi l’occasion de célébrer l’esprit de camaraderie qui unit le monde de l’aérostation. Derrière chaque envol se cache le travail d’une équipe au sol, indispensable pour préparer le ballon, assurer le suivi du vol et organiser l’atterrissage. Pour le pilote, c'est un moment d'émotion mais c'est aussi une aventure collective.
Et si les conditions ce 7 septembre étaient un peu "limite" avec des rafales de vent, Claude tenait absolument à faire décoller ce nouveau jouet de 3.000 m3. Et il sait qu'il va pouvoir compter sur son équipe, les indispensables "suiveurs au sol".
En l'occurence Marc, Marc et Bernadette, ses équipiers de toujours qui suivent les déplacements de la montgolfière en 4×4 muni d'une remorque. Car, comme le dit Claude,"En montgolfière, on sait toujours d’où l’on décolle, mais jamais où l’on atterrira".