
Steven Kabungwe n’aura probablement jamais le prix du joueur le plus glamour sur le terrain, mais plusieurs entraîneurs doivent rêver de posséder ce type de profil dans leur équipe.
Le grand avant-centre anglais prend de la place. Et pour lui subtiliser le ballon, il faut se lever tôt. Samedi, il a tourmenté avec la complicité des ailiers Isidore Mabwati et Abou Dièye une défense de Niederkorn pourtant intransigeante ces dernières semaines avec un seul but encaissé en quatre matchs.
D’abord, le Britannique est allé chercher un penalty en se fendant d’une roulette pour éliminer deux adversaires avant de buter sur un André Barrela un peu vif dans une sortie qui ne semblait pas nécessaire pour éviter le danger.
Cédric Biever n’a pas hésité pour désigner le point fatidique. Et Lars Gerson, lui, excellent ce samedi, n’a pas tremblé pour prendre à contre-pied le portier local et porter logiquement son équipe au commandement (1-0, 34e). Car c’était la tendance depuis le début du match. Les visiteurs sont venus chez leur voisin faire la musique sans aucun complexe. Et le Progrès n’a jamais trouvé les bons réglages pour déséquilibrer les Rouge et Bleu.
Kabungwe, on le retrouva ensuite à la conclusion d’un mouvement amorcé par Dièye côté droit, poursuivi par Mabwati dont la remise pour le colosse Anglais se transformait en passe décisive (2-0, 55e). Ce fut l’avant-dernière action de l’homme du match qui s’offrit encore un face-à-face avec le gardien local. Sans réussite. Il sortit à l’heure de jeu, donnant l’impression d’être à bout de force.
"C’est le maximum qu’on peut en tirer pour le moment", constatait David Vandenbroeck. "On essaie de bosser ça mais même sur le travail spécifique, on ne peut pas faire mieux. C’est quelqu’un qui, avec sa stature et son poids, a besoin de s’arrêter à un moment donné. Son travail est très énergivore. C’est pour ça qu’avec un profil différent comme celui de Bryan Maison, ça nous soulage. On aura besoin des deux".
La sortie de Kabungwe a correspondu avec la baisse de régime d’un UNK souverain jusque-là. Il a fallu une phase arrêtée aux Jaune et Noir pour revenir dans la partie. Ibrahim Baradji étant à la réception d’une partie de billard pour faire 1-2 (80e). Le pressing brouillon de fin de match n’offrit pas de point à une équipe locale qui n’en méritait aucun.
En face, l’entraîneur Vandenbroeck savourait ce match abouti. "On aurait pu peut-être se mettre plus à l’aise avant. Après, ils méritent ce but. Ils nous ont poussé dans nos retranchements. J’avais demandé à mes gars d’être généreux sur le terrain. Ils l’ont été jusqu’à la dernière seconde. La plupart avec des petits pépins physiques. Je suis content pour eux".
Une victoire signée sans Olivier Thill, le maître à jouer de l’UNK, ni Yannis Dublin ni encore Yannick Schaus. Le milieu de terrain est ainsi dépeuplé. Mais l’infatigable Tim Ewert, Ben Klein et Sonny Perrey sont venus faire le boulot. "On garde les mêmes intentions. D’autres sont capables de prendre le relais mais on attend le retour des blessés pour apporter encore plus de solutions".
Malgré cette belle série et ce repositionnement au classement, David Vandenbroeck refusait de s’emballer. "Il faut rester humble. Garder son identité. Prendre du plaisir, aller vers l’avant, se projeter, s’infiltrer, gagner des duels. On sent que cette équipe dégage une énergie positive mais elle doit continuer à bosser. C’est tout".
Le club refera le point dans 15 jours. Lorsque le champion en titre, Bissen et l’actuel leader, Strassen, ne seront plus au menu.