Ce sont des images que l'on n'avait presque plus vues depuis sept ans, avec le mouvement des Gilets jaunes. Dans les rues de Metz, des jeunes ont été rejoints par des personnes d'autres générations et d'autres horizons professionnels pour manifester leur mécontentement face à la vie chère et au gouvernement.
À Metz, des milliers de manifestants se sont élancés de la place de la République à 14 h pour défiler dans les rues du centre-ville. "Dans notre France, les prix sont trop hauts, nos salaires baissent. C'est invivable, on survit", raconte Hania, une jeune manifestante. Fred, parent d'élève, soutient quant à lui ses enfants scolarisés dans le secondaire : "Je vois dix ans de macronisme, et c'est effroyable. Il y a des manques d'argent, de professeurs. Ma colère est effroyable."
Composé en majorité de jeunes, le cortège scandait des slogans contre Emmanuel Macron et le Rassemblement national, mais aussi en faveur de la Palestine. Des anciens Gilets jaunes et des personnes plus âgées étaient également présents. "La jeunesse emmerde le Front national !", puis "Et la vieillesse aussi !" : ces slogans ont retenti dans la foule. "Je suis ici en solidarité avec les jeunes, et je suis surtout très en colère face à ce gouvernement", explique Pascal, militant de la CGT présent pour l'occasion.
Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser certains manifestants. Cette intervention a provoqué des mouvements de foule. Des manifestants se sont alors entraidés, en se prêtant notamment des masques et du sérum physiologique pour soulager les personnes exposées aux gaz.
Tandis que certains exprimaient leur mécontentement en scandant des slogans, d'autres chantaient et profitaient de l'ambiance du rassemblement. "Je suis content qu'il y ait un mouvement avec des logiques interprofessionnelles qui s'organisent, avec des convergences des luttes. Il n'y a pas que des lycéens, on retrouve d'autres professions", se réjouit Flavien, membre d'un syndicat de l'enseignement supérieur.
Le cortège a finalement terminé son parcours sur l'esplanade, où les manifestants ont continué à scander leurs revendications. Des drapeaux étaient brandis et des feux d'artifice ont été tirés.
Aucun débordement majeur n'avait été signalé jusqu'à 16 h. Mais les forces de l'ordre sont restées vigilantes. Peu après, des débordements ont eu lieu place d'Armes, au pied de la cathédrale Saint-Étienne.
Reste à savoir si cette mobilisation se poursuivra dans les prochaines semaines.