
Lorsqu’on avait laissé Mamer dans son jus, le soir du 7 décembre après une 11e défaite, on ne donnait pas cher de sa peau. Surtout qu’en gagnant 2-0, Rodange, concurrent direct dans la lutte pour le maintien, avait relégué la lanterne rouge à quatre points. C’était sans compter sur une trêve réparatrice concoctée par Frédéric Herinckx, en passe de devenir le pompier le plus célèbre du football grand-ducal. Après avoir redressé la situation à Rodange puis à Mersch, le technicien belge est parvenu à réanimer Mamer. «Tactiquement, il a amené quelque chose. Sa patte. On est mieux organisé», témoigne Benjamin Schmit (29 ans), présent au club depuis 2024 et à moitié surpris par la réussite de cette opération. «On n’était tout de même pas très loin des barragistes à mi-championnat. Il y avait moyen de s’en sortir, surtout que quelques matchs n’ont pas tourné en notre faveur. Maintenant, battre deux belles équipes comme la Jeunesse et Dudelange, c’est encourageant.»
Antépénultième avec 16 points, soit quatre de moins que le premier non barragiste, le promu est conscient de n’être encore nulle part. «C’est vrai mais à part Differdange, qui est un peu au-dessus du lot, on a le sentiment de pouvoir accrocher tout le monde. Il faut jouer chaque match à fond.» Et singulièrement celui qui se présente ce samedi (17h) à domicile face à Mondorf, l’une des sensations du moment désormais quatrième au classement. «C’est costaud. Le club s’est bien renforcé. Cela ne me surprend pas. Je connais leur façon de fonctionner. Et pendant ce temps-là, d’autres régressent.»
Benjamin Schmit a passé deux ans dans la cité thermale. «Que de bons souvenirs. Je m’y suis bien plu. Mais j’ai pris la décision de partir pour des raisons familiales et professionnelles.»
Le milieu de terrain a négocié trois entraînements par semaine à Mamer. Un régime qu’il peut garder avec le nouveau coach. «Quand on gagne, c’est d’office trois séances hebdomadaires», rigole-t-il. «Mais oui, ça peut parfois faire grincer des dents lorsqu’on perd et que des gars qui sont là à chaque séance ne sont pas nécessairement titulaires, mais le coach gère bien tout ça et chacun se sent concerné par la mission.»
Les équipes qui entourent Mamer au classement ne sont pas repartis sur une folle dynamique à part Hostert et son bilan de 7 points sur 9 qui lui donne de l’air à l’heure de défier Strassen.
Les deux voisins qui ferment la marche, Rodange et l’Union Titus Pétange, n’affichent pas un bulletin de santé apaisant au moment de rencontrer respectivement la Jeunesse ce samedi et Niederkorn, pas bien fringant non plus, ce dimanche dans un derby qui sent le soufre.
Differdange, qui a repris sa marche en avant, tentera dès ce samedi d’éviter le piège que lui tendra Canach sur une aire de jeu qu’il est parfois difficile d’apprivoiser. Bissen essayera de repartir de l’avant face au Swift et Dudelange misera sur le choc psychologique pour renverser un Racing toujours empêtré dans cette zone fangeuse qui inspire la méfiance.
Après son 0 sur 9, Käerjéng se retrouve quasiment au pied du mur face à Rosport. Le temps va commencer à presser.