
Mathieu van der Poel fait rarement les choses comme les autres. Alors que ses principaux concurrents ont déjà pris le chemin du Canada pour affiner leur condition en vue des Mondiaux (20-27 septembre) et que d’autres sortent de la Vuelta (Wout van Aert), le champion néerlandais, lui, a choisi les routes du Luxembourg pour monter en puissance et ne pas rester sur une déception en VTT. Les Mondiaux de cette discipline qu’il considère comme l’une de ses autres passions avec le cyclo-cross n’ont pas répondu à son attente.
Ses qualités de puncheur correspondent à merveille à un tracé qu’il affectionne pour l’avoir expérimenté il y a deux ans. Car s’il y a forcément eu quelques modifications, le squelette reste le même. MVDP s’était classé deuxième, à 15’’ de l’Italien Antonio Tiberi après avoir épinglé la première étape qui ressemblera comme à deux gouttes d’eau à celle qui ouvrira le bal de cette 86e édition ce mercredi.
Le champ des possibles ne s’étend pas à l’infini à l’intérieur d’un territoire qui est un magnifique terrain de jeu pour les cyclistes mais qui reprend forcément les repères connus: arrivée au Marché au Poisson, étape pour les sprinteurs, jour J dans le Nord pour les costauds, contre-la-montre pour les spécialistes et bouquet final au Limpertsberg favorable aux coureurs complets.
Le palmarès ne laisse d’ailleurs planer aucun doute. Celui qui lèvera les bras sur le podium situé à proximité du Hall Victor Hugo dimanche sera un passe-partout doté de qualités de grimpeur-puncheur: Brandon McNulty, Antonio Tiberi, Marc Hirschi, Mattias Skjelmose, João Almeida et Diego Ulissi appartiennent tous à cette trempe.
Pour empêcher Mathieu van der Poel de triompher, l’équipe UAE s’avancera comme toujours avec des éléments de qualité comme l’Espagnol Igor Arrieta. La structure Lidl-Trek aura à cœur de briller sur l’épreuve de son patron Andy Schleck, devenu le 1er août CEO de l’équipe allemande. Andrea Bagioli et Soren Kragh Andersen, particulièrement attaché au Luxembourg, ont cet ADN de coureurs polyvalents. On gardera aussi à l’œil l’équipe Team-Visma qui vient de faire une razzia sur les routes espagnoles. Per Strand Hagenes et Davide Piganzoli devraient être les têtes de gondole d’un team à la tête duquel on retrouvera notamment le Luxembourgeois Gaëtan Pons.
On imagine que le vainqueur final appartiendra à l’une des sept équipes WorldTour présentes cette année, soit une de moins que lors de l’édition précédente et trois de moins que celle d’avant.
Le calendrier ne plaide pas en faveur de la boucle grand-ducale. Encore moins lorsque les Mondiaux ont lieu dans la foulée sur le continent nord-américain et incitent les coureurs à s’y préparer en amont.
Les spectateurs, de plus en plus nombreux à se masser le long des routes, encourageront huit Luxembourgeois. Là encore on pourrait faire la fine bouche puisque les têtes d’affiche manqueront à l’appel. Parce que leur équipe n’est pas là (Groupama-FDJ de Kevin Geniets, Cofidis d’Alex Kirsch, Kern-Pharma de Mats Wenzel et Netcompany Ineos du futur retraité Bob Jungels) et peut-être aussi parce que ces structures en question n’ont pas permis à leur coureur d’obtenir une dérogation pour porter le maillot de l’équipe nationale dirigée par Jempy Drucker. On y retrouvera toutefois Luc Wirtgen (Tudor), Mathieu Kockelmann (Lotto Intermarché) et Loïc Bettendorff (Hrinkow Advarics). Ils entoureront Mats Berns, Noé Ury et Larry Valvasori. Arno Wallenborn et Alexandre Kess porteront, eux, le maillot de leur équipe Lotto Kern-Haus Outlet Montabaur, l’un des six teams continentale présents au départ. Soit la troisième division du cyclisme mondial.
Une preuve de plus s’il en est que le cyclisme traverse des temps difficiles et qu’il faut un certain alignement des planètes pour présenter un plateau relevé. Même pour une épreuve UCI ProSeries.
Premier rendez-vous ce mercredi pour une étape de 157,5 km qui s’élancera du Knuedler et arrivera au Marché au Poisson aux alentours de 18h30. Une arrivée plus tardive que les autres années en raison des impératifs TV dictés notamment par Eurosport.