
"C’est une belle équipe le Racing." Le compliment vient de Pierre Littbarski. La légende du FC Cologne était venue voir son fils, Lucien, qui évolue à la Jeunesse. "Il avait été bon les deux matchs précédents mais là, c’était mauvais", confessait le droitier aux jambes arquées dans un français plus que correct, qui rappelait l’amour que portaient ses parents à la France et son passage d’une saison au Matra Racing.
C’est vrai qu’elle avait de l’allure cette équipe des Ciel et Blanc, ce samedi. Le traumatisme vécu la saison dernière et les mines renfrognées ont laissé place à une joie de vivre qui se lit sur les visages et en particulier sur celui de Dominik Stolz. Le stratège allemand fut dans tous les bons coups. Triple buteur, il a largement contribué à ce plantureux succès qui a pris forme dès les premières minutes lorsque le Racing a pris le jeu à son compte. C’est Allan Delferrière qui a fait sauter le verrou en smashant une tête sur un corner délivré par Moussa Kanté (1-0, 29e).
Le récital Stolz débutait ensuite par un premier but de renard des surfaces sur une action initiée par Ronan Matuvangua avec la complicité de Sergio Englaro qui repoussait le ballon dans les pieds du buteur allemand (2-0, 36e).
Juste avant la pause, Stolz faisait dans la dentelle lorsqu’il déviait, dos au but, un tir de Farid Ikene (3-0, 45+1).
Son raid sur le quatrième but (4-0, 56e) est sans doute le plus beau. L’honneur revenait à Kanté, lui aussi très bon, de clôturer la marque (5-1, 87e) alors que Ken Schmitz avait sauvé les apparences peu après l’heure de jeu (4-1).
Cette Jeunesse-là a donné le bâton pour se faire battre alors qu’elle restait sur deux victoires convaincantes.
Le Racing, qui avait remis la machine en marche dimanche dernier à Dudelange (3-1) après deux matchs sans victoire, se glisse dans la peau du parfait outsider pendant que les «gros» s’entredéchirent. «Je suis curieux de voir comment mes gars vont enchaîner mercredi à Niederkorn. C’est la première fois qu’on va disputer deux rencontres en aussi peu de temps», témoignait Stéphane Masala. L’entraîneur français s’acclimate visiblement bien au championnat grand-ducal et à ses spécificités. "Oui, les premières licences, c’est aussi nouveau pour moi. J’apprends à maîtriser la chose."
C’est là sans doute que le Racing doit rester vigilant en l’absence de Lohan Dewalque. Farid Ikene et Bruno Freire sont deux titulaires en puissance mais derrière, ce sont des jeunes qui seront lancés dans le bain au compte-gouttes.
Sinon, l’horizon est ciel et blanc. "La marge de progression de cette équipe est énorme", poursuivait l’entraîneur. "Aujourd’hui, on a été bons même si on a connu quelques moments de relâchement."
Même son de cloche côté terrain avec un Allan Delferrière épanoui en défense centrale au côté de Joakim Kada. «On a joué un match très sérieux. On était préparés pour une telle rencontre. Peut-être qu’on peut encore améliorer notre ADN pour faire mal à l’adversaire. Parfois, on subit un peu alors qu’on pourrait imposer notre style tout le long du match. On verra jusqu’où cette équipe peut aller. Je ne vais pas me prononcer car c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens.»
Le Racing a trop connu de désenchantements pour s’avancer mais avec de tels arguments, plusieurs adversaires pourraient être mis en difficulté. Prochains éléments de réponse mercredi au Progrès.
- Hostert et Dudelange ne sont pas parvenus à se départager (0-0)
- Niederkorn et Differdange n’ont pas brillé mais les deux voisins ont fait le travail en gagnant respectivement à Wiltz (2-1) et contre Etzella (1-0)
- Rien ne va plus à Rosport, balayé 0-5 vendredi à Käerjéng
- Strassen s'est adjugé le choc du jour dimanche à Mondorf (2-1) et trône seul en tête de la compétition avec le maximum de points possibles