Ultra-trail Succès historique du Français Vincent Bouillard sur la Western States 100

AFP
Vincent Bouillard, révélé par son succès sur l'Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) en 2024, est devenu le premier traileur français à remporter la Western States 100, autre ultra de référence, en écrasant le record de l'épreuve samedi à Auburn en Californie.
© ROBYN BECK/AFP

Bouillard, âgé de 32 ans, a parcouru les 100 miles (161 km) et 5.500 m de dénivelé positif depuis Olympic Valley jusqu'à la piste d'un lycée d'Auburn en 13 heures 46 minutes et 16 secondes, bien plus vite que le record de Jim Walmsley (14h09:28 en 2019).

La journée a aussi été marquée par le record de l'Américaine Jennifer Lichter, championne en 15 heures 28 minutes et 05 secondes, juste devant la précédente marque de référence de Courtney Dauwalter (15h29:33 en 2023).

Bouillard devient le premier Français à inscrire son nom au palmarès de la mythique course de l'Ouest américain, l'un des quatre Majeurs de l'Ultra-Trail avec l'UTMB à Chamonix, la Diagonale des Fous sur l'île de la Réunion et la Hardrock 100 dans le Colorado.

Cet athlète semi-professionnel, également ingénieur production/innovation chez son équipementier Hoka, n'est que le quatrième homme à remporter à la fois l'UTMB et la Western States, après les légendes de son sport en pleine croissance Kilian Jornet, Jim Walmsley et Tom Evans.

Jornet, sacré sur la Western en 2011, et Walmsley, quadruple vainqueur, tous les deux au départ de la course samedi, ont abandonné.

Profitant d'une météo clémente comme rarement, là où la chaleur accable d'habitude les coureurs dans les canyons, la course s'est disputée sur un rythme effréné.

Bouillard, qui avait abandonné pour sa première tentative l'an dernier, a passé presque toute la course dans le Top-5, mais a vu tour à tour Walmsley et l'Américain Hans Troyer se détacher, avant d'assister à leur déclin puis leur abandon.

Cardin brillant 4

L'Italien Francesco Puppi, pour sa première course de 100 miles, a pris les commandes aux deux tiers de l'épreuve, avant de voir le Français, au finish supersonique, le doubler aux alentours du 140e kilomètre pour terminer en solitaire.

Puppi a fini deuxième à près de 5 minutes de Bouillard, l'Américain Ryan Montgomery troisième à près de 8 minutes.

Un autre Français, Thomas Cardin, champion d'Europe en 2024, a pris la quatrième place à un peu plus de 21 minutes pour ses débuts sur la distance, là aussi sous le chrono de l'ancien record.

Bouillard a réussi un petit morceau d'histoire sur une course qui lui parle d'autant plus qu'il a vécu quatre ans aux Etats-Unis, dont deux en Californie, où il avait remporté ses premiers ultras dans l'anonymat en 2023. Le nord du Golden State est sa "deuxième maison", où vit sa belle-famille, comme il l'avait expliqué à l'AFP l'an dernier.

Bouillard a gagné son dossard en prenant la troisième place de l'ultra Chianti en Italie en mars (120 km), remporté par Cardin.

Plus ancien ultra du pays, la Western States cultive sa légende en restant limitée à 369 partants, condition pour obtenir un permis de passage dans un espace naturel protégé, là où l'UTMB tend vers le gigantisme avec 2.300 participants sur sa course reine.

L'événement avait été créé lorsqu'une tête brûlée de la région, Gordy Ainsleigh, avait parié en 1974 qu'il pouvait finir en moins de 24h en courant le parcours d'une course alors réservée aux chevaux.

Depuis, les coureurs quittent au petit matin Olympic Valley, ville-hôte des Jeux olympiques d'hiver en 1960 (alors nommée Squaw Valley), grimpent à 2.600 m d'altitude dans la Sierra Nevada, puis descendent dans des canyons surchauffés à la merci du soleil de midi, espérant finir leur course folle sur le tartan d'un lycée.

Les vainqueurs de la course, femmes et hommes, ne gagnent pas un seul dollar, mais une sculpture de cougar.

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