
Les coéquipiers de Mikel Oyarzabal, auteur d'un doublé, n'ont toujours pas encaissé un but du tournoi, et défieront dès lundi à Dallas le Portugal de Cristiano Ronaldo.
"Nous avons fait un très, très grand match. Je suis heureux parce que, dans tous les aspects, nous avons frôlé la perfection", s'est réjoui le sélectionneur Luis de la Fuente juste après le coup de sifflet.
Citée parmi les principales favorites de la Coupe du monde, la Roja n'avait plus gagné un match à élimination directe dans la compétition reine depuis son sacre en 2010, suivi par une sortie en phase de groupes en 2014 puis par deux éliminations aux tirs au but en 8e de finale face à la Russie (2018) et au Maroc (2022).
Après une première phase solide sans être brillante, avec notamment un nul concédé face au Cap-Vert (0-0), la performance de l'Espagne a rassuré et rappelé celle de la France, autre grande favorite, face à la Suède (3-0).
Jeudi, sous le soleil californien adouci par le toit transparent du très moderne stade de Los Angeles, les Espagnols n'ont laissé que peu d'espoirs aux Autrichiens.
Les quelques supporters du pays alpin avaient pu s'époumoner avant le coup d'envoi sur la reprise de "Sweet Caroline" de DJ Ötzi, le roi de l'après-ski. Habitués à encourager les slaloms endiablés de Manuel Feller, les Autrichiens ont cette fois subi ceux de Lamine Yamal, dont les crochets et petits ponts ont eu raison de la prise à deux qui était réservée au prodige du Barça.
Les premières minutes ont été équilibrées, avec un centre de Marcel Sabitzer tout près d'être repris par Michael Gregoritsch, puis la Roja a mis le pied sur le ballon et accentué la pression.

Après un but de Marc Cucurella refusé pour une faute sur corner (29e) et une superbe parade d'Alexander Schlager devant Oyarzabal (33e), l'attaquant de la Real Sociedad a trouvé les filets d'une reprise au cœur de la surface sur un centre bien senti depuis la gauche de Cucurella.
Incapable de bonifier ses rares ballons dans le dernier tiers adverse, l'Autriche a vu un puissant coup-franc d'Alex Baena heurter la transversale juste avant la pause (45+2).
Sous les yeux de la popstar Rosalia et de l'acrice Penelope Cruz, les Espagnols ont insisté après la mi-temps et fini par faire le break quand un centre de Baena a trouvé le latéral droit Pedro Porro, qui s'est envolé au cœur de la surface, tel un attaquant, pour une tête puissante (66e).
S'il a virevolté, Lamine Yamal, élu homme du match, aurait bien aimé marquer: il a râlé sur un oubli d'Oyarzabal (49e), puis été privé du 3-0 par un sauvetage sur sa ligne de David Alaba (85e), juste avant de sortir la moue boudeuse.
Le troisième but est de nouveau venu de Cucurella, auteur d'un centre parfait dans le dos d'une défense aux abois, pour trouver Oyarzabal seul devant le gardien (89e).
De la Fuente a salué le "métronome" Cucurella, "il est infaillible, avec nous il répond toujours présent, c'est un joueur de très haut niveau".
Le technicien a tout de même pointé "le pressing haut" de sa formation qui peut être encore "mieux ajusté", et a regretté les occasions manquées, "il faut se montrer plus efficaces".
La performance offensive de la Roja a réussi à faire oublier le forfait sur blessure de Nico Williams, que son sélectionneur Luis de la Fuente espère récupérer au prochain match.