
Le coup de canon libérera à 13h02 les navigateurs -parmi lesquels 11 femmes- répartis sur une seule ligne de départ de plusieurs kilomètres.
Une fois n'est pas coutume, la météo s'annonce très bonne pour le départ avec une dizaine de nœuds de vent seulement, une mer quasiment plate et une température agréable pour commencer.
Au cap Fréhel, des milliers de personnes sont attendues afin d'admirer le spectaculaire passage de la flotte qui prendra ensuite le large vers la sortie de Manche. Sur le village de course, ils étaient quasiment 200.000 vendredi pour venir voir les premiers bateaux sortir du port et se mettre au mouillage à l'extérieur de la ville.
"Je suis un peu stressé, évidemment. Je crois qu'on ne s'habitue jamais vraiment à ces moments-là. C'est un objectif que nous préparons depuis un an et demi et tout le monde a travaillé très dur pour être ici", a dit Sébastien Simon (Groupe Dubreuil).
Cette météo clémente, "c'est plutôt une bonne nouvelle pour moi, je suis encore en train d'acquérir des automatismes sur ce bateau, mis à l'eau en août", ajoute le skipper, troisième du dernier Vendée Globe.
Spécificité de la course, tous les voiliers ne partent pas égaux niveau performance. La flotte, mélange de professionnels et d'amateurs, est composée de six catégories de bateaux: des petits monocoques ayant participé à la première édition, aux multicoques volant de dernière génération.
Ce sont ces derniers, les Ultim, des trimarans géants atteignant plus de 90 km/h sur l'eau, qui s'échapperont les premiers vers le large. Barrés par les meilleurs skippers de la planète, ces géants des mers peuvent espérer effectuer la traversée en six jours, quand les voiliers les plus lents mettront près d'un mois pour arriver à Pointe-à-Pitre.
Parmi les favoris, Tom Laperche, 29 ans, s'élance sur sa première grande course en solitaire à bord du SVR Lazartigue, après avoir gagné toutes les courses de préparation depuis un an.
Deux autres bateaux ont suffisamment navigué récemment pour être à même de rivaliser : le Banque Populaire XI d'Armel Le Cléac'h et le Sodebo Ultim 3 de Thomas Coville.
Après huit ans de développement, ces F1 des mers peuvent établir un nouveau record de traversée, détenu depuis 2022 par Charles Caudrelier (6 jours et 19 heures), également au départ cette année, mais en manque de repères sur un tout nouveau bateau (Maxi Edmond de Rothschild).
"Nous allons tester la fiabilité, les appendices du bateau et sa gestion en solo, a expliqué Caudrelier. Je vais continuer à le découvrir et à le faire progresser pendant la transat, et ce challenge est super-intéressant".
Derrière les Ultim, 22 voiliers de la flotte d'Imoca, les monocoques (18 m) du Vendée Globe, affichent de belles ambitions.
Sam Goodchild (Macif), Jérémie Beyou (Charal 2) et Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei), à bord des bateaux les plus performants, peuvent espérer traverser l'Atlantique en 10 jours.
Le jeune Basile Bourgnon, 24 ans et favori en Ocean Fifty (trimaran de 15 mètres) rêve lui d'imiter son père Laurent, vainqueur de la course en 1994 et 1998, mais disparu en mer en 2015 lors d'une plongée.