La France en colèreMetz sous surveillance pour l'Acte III de la colère sociale

Christophe Wantz
La ville de Metz a connu sa troisième journée de mobilisation contre la vie chère et la hausse des prix des carburants. Porté par une coordination des Gilets jaunes et à l'appel de plusieurs syndicats professionnels et étudiants (CGT, FO, Union étudiante, Unef...) ce rassemblement s'inscrit dans un climat de fortes tensions après les débordements survenus lors des précédents week-ends d'octobre.
© Christophe Wantz RTL

Ces derniers jours, les autorités ont tenu un discours alarmiste, craignant de revoir des violences urbaines comparables à celles du 17 octobre, selon l'entourage du ministre de l'Intérieur. Face aux risques de troubles, les autorités locales ont déployé un dispositif de sécurité exceptionnel.

Pour cette nouvelle journée, 70.000 policiers et gendarmes étaient mobilisés dans toute la France.
Même si la mobilisation a faibli par rapport au 17 octobre, plusieurs milliers de manifestants sont tout de même descendus dans la rue en Lorraine.

À Metz la manifestation contre la vie chère a réuni entre 1.700 et 2.000 personnes, selon une estimation des services de police.

Ambiance bon enfant

Après les incidents signalés en marge des mobilisations du 17 et du 24 octobre, le préfet de la Moselle, Pascal Bolot, a pris des mesures drastiques. Un arrêté préfectoral interdisait tout rassemblement, attroupement ou cortège non déclaré ce samedi de 12h à 20h dans la majeure partie de la ville.

Seul un périmètre très précis a été autorisé pour canaliser la foule et protéger l'hypercentre commerçant.
Le parcours officiel validé s'étend de l'Esplanade Ney (place de la République) jusqu'au parvis des Droits de l'Homme, devant le Centre Pompidou-Metz, en passant par les grands axes tels que l'avenue Robert-Schuman, l'avenue Foch et la rue des Augustins.

Malgré ces restrictions, l'appel à la mobilisation a été suivi. Un cortège ou l'ambiance était plutôt festive s'est élancé vers 14 heures depuis la place de la République pour faire entendre sa colère sociale face à l'inflation. Les slogans ciblent principalement la baisse du pouvoir d'achat, tandis que les bannières syndicales de la CGT côtoient les symboles des Gilets jaunes.

"Bienvenue en lacrymocratie"

Parmi les pancartes aperçues : "Taxez les milliardaires pas nos grand-mères", "on en a gros", "je peux pas, j'ai révolution", "Bienvenue en lacrymocratie" ou le désormais traditionnel "les lycéens visent le bac, la BAC vise la tête".

Paul, un enseignant croisé dans le cortège dit se mobiliser "pour que les jeunes aient un avenir".

© Christophe Wantz RTL Infos

"Ce n'est pas normal qu'ils se fassent gazer ou matraquer parce qu'ils réclament des moyens pour leur éducation". Il brandit une pancarte qui clame que "La matraque n'est pas un outil pédagogique". Plus loin, une maman d'étudiant se dit "daronne solidaire".

Un sit-in devant la mairie avait également été annoncé par des Gilets jaunes. Or, le parvis de l’hôtel de ville ne figurait pas parmi les secteurs autorisés par l’arrêté et la place d'armes est restée vide.

Le cortège principal a progressé de manière encadrée sur les axes autorisés. Toutefois, l'ambiance reste lourde au cœur de Metz. Échaudés par les vitrines brisées des semaines passées, certains commerçants du centre-ville ont choisi de fermer leurs portes plus tôt ou de barricader leurs enseignes par mesure de précaution.

Coïncidence avec Halloween

Cette journée de contestation coïncide avec les célébrations d'Halloween, compliquant la tâche des forces de l'ordre face aux risques de dissimulation et d'incidents nocturnes. À ce titre, la préfecture a également interdit pour tout le week-end la vente et le transport d'articles pyrotechniques, de pétards, ainsi que le transport de carburant en jerricans.

Les autorités rappellent également que le fait de se dissimuler son visage dans l'espace public en dehors des cadres festifs autorisés constitue une infraction.

350 actions dans toute la France

Le cortège est arrivé sans encombres au parvis des Droits de l'Homme où s'achevait le parcours officiel.

Cette troisième journée de mobilisation contre la vie chère s'inscrit dans le sillage du mouvement lycéen et étudiant, qui réclame notamment la suppression de la plateforme d'orientation Parcoursup, la rénovation des établissements et plus d'enseignants.

Sur toute la France, 350 actions susceptibles de fédérer 350.000 à 450.000 personnes ont été recensées, a indiqué une source policière. Et entre "400 et 800 militants d'ultragauche" sont attendus à Paris, selon une source proche.

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