
Pardonnez-moi cette expression de Lorrain, mais là franchement, pour le Grand Est, ça ne “geht’s mol” plus du tout. Après l’Île-de-France, c’est la deuxième région la plus touchée par l’épidémie de Covid-19 (pour avoir le dernier bilan chiffré, cliquez ici). Certes, les Lorrains ont le cuir épais à force d’être dans la dèche, mais cela ne les protégera pas lorsque le pic du tsunami déferlera.
On aura tout le temps, une fois cette crise réglée, de s’écharper sur les causes de ce triste palmarès. En attendant, pour le Grand Est, la priorité absolue est de freiner l’épidémie et de soigner les malades.
Du moins, soigner ceux qui peuvent l’être. Rappelons tout de même qu’actuellement, des médecins doivent sacrifier des malades, par manque de moyens (les témoignages abondent, comme dans cet article du Parisien). On en est donc là.
Pour soulager les hôpitaux saturés du Grand Est, des navettes ont donc été mises en place. Depuis quelques jours, des malades sont transférés par les airs, la route ou les rails vers le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse, et bien sûr vers d’autres régions de France.
Hélas, en Nouvelle-Aquitaine, certains s’opposent à cette arrivée de malades, rapporte le quotidien Charente-Libre. Le titre de l’article dit tout: Arrivée de deux patients du Grand Est à Angoulême: le confinement n’arrête pas la bêtise.
Les commentaires de certains internautes font peine à voir. Voici quelques “morceaux choisis":
Voilà de courageux “pourfendeurs masqués du web” qui ont oublié la devise des 3 mousquetaires. C’est d’autant plus navrant que l’épidémie du Covid-19 ressemble à une macabre loterie. “Marina” et “Jean-François” seraient-ils aussi favorables au “chacun pour sa gueule” s’ils vivaient dans la mauvaise région? Ce qui est sûr, c’est que le médecin qui vient d’enchaîner 20 heures d’affilée, et qui va pourtant prendre le temps de soigner les contaminés, ne leur demandera pas s’ils sont Charentais ou Alsacien. Cracher sur des malades, c’est aussi insulter le dévouement des soignants.

Comme l’écrit la Charente Libre, il est “malheureux de lire ce type de réactions, là où la solidarité devrait primer”. Le quotidien rappelle d’ailleurs que cette prise en charge par la Nouvelle-Aquitaine est tout naturelle car il s’agit d’une des régions les moins touchées de France, donc la plus apte à soulager les autres. D’ailleurs, jeudi, des médecins de Nouvelle-Aquitaine sont partis vers le Grand Est aider leurs confrères.
Bref, évitons de propager ces messages nauséabonds. La peur ne justifie pas tout. Cette crise devrait d’ailleurs nous rappeler que les politiques, les médias et les médecins ne sont pas les seuls aux commandes, et que chaque citoyen joue une note dans cette partition.
En respectant les règles d’hygiène, de civisme et d’altruisme, chacun peut aussi participer à l’amélioration de la situation. Saluons tous ceux qui donnent une bien meilleure image de leur ville, de leur région, de leur pays, par leurs petits et grands actes de solidarité.
Quelques commentaires positifs sur le sujet:lire ici.
Et merci aussi pour vos messages d’encouragements et de solidarité sur nos réseaux sociaux!