Fact check RTLUne vidéo de maltraitance animale fait le buzz... mais ce n'est pas dans la Grande Région

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adapté pour RTL Infos
Une vidéo montrant un cas de violence contre un animal a circulé sur les réseaux sociaux au mois d’octobre. On y voit un jeune homme maltraiter un petit chien et lui donner des coups de pied. Méfiance, car le contexte de la vidéo est trompeur.
Photo d’illustration : un chien apeuré devant une porte.
Photo d’illustration : un chien apeuré devant une porte.
© Shutterstock

Au début de la semaine, une lectrice nous a envoyé une vidéo dans laquelle on peut voir un jeune homme donner un violent coup de pied à un petit chien, au point que l’animal effectue une culbute. Blessé et visiblement choqué, le chien s’éloigne ensuite en boitant et en gémissant de douleur. La vidéo montre également l’auteur des faits et son accompagnatrice se moquant de la situation.

La lectrice a donc demandé à la rédaction si RTL pouvait vérifier cette affaire. Dans le cadre du projet EDMO, dont RTL est partenaire, nous enquêtons sur ce type de cas et vérifions l’authenticité des contenus ainsi que l’exactitude des faits.

RTL a choisi de ne pas diffuser cette vidéo dans son article, afin de ne pas offrir une tribune supplémentaire à ce type de maltraitance animale. Voici une capture d’écran extraite de l’une des vidéos utilisées dans le cadre de la recherche de l’auteur des faits.
RTL a décidé de ne pas diffuser cette vidéo dans son article, afin de ne pas offrir une tribune supplémentaire à ce type de maltraitance animale. Voici une capture d’écran extraite de l’une des vidéos utilisées dans le cadre de la recherche de l’auteur des faits.
© futur_asso

L’incident ne s’est pas produit dans la Grande Région

Cet incident n’a pas seulement été signalé à RTL ou à d’autres médias, plusieurs commissariats de police ont également été confrontés à ce cas ou à des cas similaires. La police compétente pour la région d’Arlon, en Belgique, a précisé mardi sur ses réseaux sociaux qu’un cas de maltraitance animale lui avait bien été signalé. Toutefois, selon ses affirmations, les faits ne se sont pas produits dans sa zone de compétence. Après vérification, il s’est avéré que l’incident signalé s’était déroulé en France, à environ 800 kilomètres d’Arlon.

En effectuant une recherche sur Internet, nous sommes effectivement tombés sur plusieurs articles de presse en France et en Belgique (ici, ici et ici) relatant une affaire similaire.

Dans l’un de ces reportages, la commune de Ribérac, en Dordogne, est mentionnée. Et en effet, grâce à une comparaison réalisée à l’aide de Google Maps, il est possible de retrouver dans cette localité les lieux que l’on aperçoit dans la vidéo.

Un élément frappant dans la vidéo est le logo légèrement pixellisé situé devant un bâtiment à toit plat. En prenant cet élément comme point de repère, nous avons pu localiser dans cette commune un garage automobile présentant toutes les caractéristiques visibles dans la vidéo.

S’il est difficile de vérifier à 100 % que la police d’Arlon fait précisément référence à cette vidéo, la distance ainsi que les faits décrits correspondent bien à la vidéo envoyée à RTL. Une chose est toutefois certaine : les faits délictueux montrés dans la vidéo ne se sont pas déroulés dans la Grande Région, mais dans la commune française de Ribérac, située à environ 860 kilomètres de la Ville de Luxembourg.

Des associations ont recherché l’auteur et ont pu l’identifier

Il n’a pas fallu longtemps pour que des organisations de protection des animaux soient alertées de l’incident et se mettent à rechercher l’auteur à l’aide des réseaux sociaux (ici et ici).

Après une brève recherche menée via ses réseaux sociaux, l’association Futur-Asso a annoncé avoir réussi à identifier l’auteur des faits et avoir déposé une plainte à son encontre.

Des personnes innocentes accusées

Tant l'association Futur-Asso que la Police d'Arlon, ont cependant appelé à ne pas céder à la justice privée.

En effet, de nombreux noms de jeunes n’ayant en vérité aucun lien avec cette affaire ont circulé sur Internet et les réseaux sociaux. Ces personnes, tout comme leurs familles, ont été insultées, victimes d’attaques verbales et menacées.

"Une émotion peut être immédiate. Un partage aussi. Leurs conséquences, elles, peuvent durer. Alors avant de partager, prenons le temps de vérifier"
La police d'Arlon

Tous deux mettent en garde contre de telles fausses conclusions et soulignent qu’il ne faut en aucun cas prendre pour argent comptant des affirmations non vérifiées et tout ce qui est écrit sur les réseaux sociaux.

La police prévient également qu’il ne faut pas chercher soi-même à éclaircir ce type d'affaires, mais laisser la police effectuer son travail. Elle rappelle en outre que tout ce que l’on publie en ligne peut avoir des conséquences pour d’autres personnes, en l’occurrence des innocents, qui doivent ensuite craindre pour leur sécurité pendant longtemps. Cela génère également une charge de travail supplémentaire pour la police, ce qui l’empêche de se consacrer pleinement à ses missions principales.

Le quotidien "Le Tarn Libre" a relaté le cas d’une famille du nord de la France, c'est-à-dire à des centaines de kilomètres du lieu des faits, qui a été faussement accusée dans cette affaire. Le jeune homme que certains internautes pensaient avoir identifié, a été victime d’un véritable harcèlement et a reçu des menaces de mort. La mère de famille a pris la défense de son fils et a appelé à mettre un terme à ces accusations. À défaut, la famille se verrait contrainte de déposer plainte contre les personnes qui agressent et harcèlent ses membres.

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