Arabie saoudite Trois Saoudiens tués dans les frappes jeudi contre l'aéroport de Ryad

AFP
L'Arabie saoudite a annoncé vendredi la mort de trois Saoudiens, dont un pilote, dans les frappes jeudi contre l'aéroport de Ryad, revendiquées par les Houthis du Yémen.
Image tirée d'une vidéo publiée par le centre médiatique d'Ansarullah le 7 octobre 2026 montrant un combattant houthi tirant avec une mitrailleuse montée sur un camion lors d'une progression contre les troupes du gouvernement yéménite dans la région de Taëz, selon les médias houthis
Image tirée d'une vidéo publiée par le centre médiatique d'Ansarullah le 7 octobre 2026 montrant un combattant houthi tirant avec une mitrailleuse montée sur un camion lors d'une progression contre les troupes du gouvernement yéménite dans la région de Taëz, selon les médias houthis
© ANSARULLAH MEDIA CENTRE/AFP

Les hostilités entre ces combattants pro-iraniens et l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite, se sont intensifiées en septembre après la prise par les Houthis du littoral bordant la mer Rouge à l'issue d'une offensive éclair.

Dans un communiqué, l'autorité de l'aviation civile a indiqué que l’aéroport de Ryad avait été la cible de "deux attaques, visant les installations aéroportuaires et un avion de la compagnie Saudia."

Elle a ajouté que "trois citoyens saoudiens" avaient péri dans ces attaques, qui ont aussi blessé plusieurs personnes, de différentes nationalités. 

La compagnie nationale Saudia Airlines a annoncé qu'un de ses pilotes avait été tué et un de ses avions endommagé. 

En tout, six personnes ont été tuées en l'espace de quelques jours dans des frappes revendiquées par les Houthis contre des aéroports saoudiens. 

Les attaques à Ryad ont contraint les diplomates en poste à se mettre en lieu sûr, et les écoles internationales à prendre des mesures de sécurité, alors que des explosions résonnaient dans la ville jeudi. 

"Avancées limitées"

Ryad ne cèdera pas au "chantage militaire" des combattants pro-iraniens, a assuré à l'AFP une source régionale au fait de la politique saoudienne. 

L'Arabie saoudite "exclut une trêve ou un cessez-le-feu" tant que les forces gouvernementales yéménites n'auront pas récupéré les territoires dont se sont emparés récemment les Houthis, a prévenu cette source sous couvert d'anonymat. 

Parallèlement aux frappes en Arabie saoudite, les combats se poursuivent au Yémen, avec plus de 400 morts depuis le lancement lundi de l'opération "Aube du Yémen" par les forces gouvernementales, avec l'appui des avions de combat de Ryad.

Une source militaire du camp gouvernemental a indiqué qu'une "vaste opération" était en cours vendredi pour reprendre le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, reliant l'Asie à l'Europe via le canal de Suez, aux combattants pro-iraniens. Les "combats sont violents et les avancées limitées", a précisé cette source.

Carte du Yémen et du détroit de Bab el-Mandeb situant l'île de Mayyoun, le port de Mokha, le port d'Aden et la ville saoudienne d'Abha
Carte du Yémen et du détroit de Bab el-Mandeb situant l'île de Mayyoun, le port de Mokha, le port d'Aden et la ville saoudienne d'Abha
© AFP/Archives

Depuis Ryad, l'ambassadeur saoudien au Yémen Mohammed al-Jaber a lui assuré sur X sans produire de preuve que la coalition avait "libéré des derniers éléments de la milice terroriste houthie" le couloir de navigation, passé début septembre sous contrôle des combattants pro-iraniens.

L'agence de presse affiliée aux Houthis, Saba, a pour sa part affirmé qu'une attaque des forces gouvernementales au sud du détroit avait été "repoussée".

Cette route est devenue vitale pour contourner le verrouillage du détroit d'Ormuz par Téhéran, de l'autre côté de la péninsule arabique.

Plus de 200.000 déplacés

La chaîne Al-Massirah, affiliée aux Houthis, a aussi fait état vendredi de nouvelles frappes saoudiennes sur Sanaa, peu après une manifestation de soutien au mouvement ayant rassemblé selon elle des dizaines de milliers de personnes au centre de la capitale.

Le site d'une frappe aérienne saoudienne présumée, survenue dans la nuit, contre une usine dans le quartier d'Al-Rawda à Sanaa, le 9 octobre 2026 au Yémen
Le site d'une frappe aérienne saoudienne présumée, survenue dans la nuit, contre une usine dans le quartier d'Al-Rawda à Sanaa, le 9 octobre 2026 au Yémen
© AFP

Les raids ont visé des positions militaires éloignées des quartiers résidentiels, a indiqué un correspondant de l’AFP.

Les médias houthis avaient également annoncé des frappes dans la nuit, visant notamment deux usines dans la capitale, ainsi que dans le gouvernorat de Saada, fief du mouvement.

Les affirmations des belligérants sont impossibles à vérifier de manière indépendante, la situation évoluant rapidement et l’accès des journalistes étant difficile.

Les hostilités entre les combattants pro-iraniens, qui contrôlent la capitale yéménite Sanaa et de vastes pans du pays depuis plus d'une décennie, et le gouvernement ont repris en juillet après des années d'accalmie.

Depuis, les combattants pro-iraniens bombardent régulièrement des installations pétrolières du royaume saoudien, premier exportateur mondial de brut, et ont appelé jeudi le personnel de ces sites à partir. 

Ils ont également de nouveau exhorté les compagnies aériennes à éviter le ciel saoudien. 

Le porte-parole des Houthis, Yahya Saree, a affirmé vendredi que les vols humanitaires en provenance et à destination de l'aéroport de Ryad devraient désormais disposer d'une autorisation des combattants.

Les hostilités ont fait plus de 200.000 déplacés au Yémen, le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM).

Ryad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international ces dernières semaines, notamment des États-Unis, sans succès jusqu'ici. 

Le Pakistan, avec qui l'Arabie saoudite a signé en août un pacte de défense rejoint aussi par la Turquie, a affirmé vendredi disposer d'un "nombre substantiel" de forces armées déployées dans le royaume dans une optique défensive. 

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