Écrits de jeunesse antisémitesDe nouveaux éléments fragilisent la défense de Jordan Bardella

RTL Infos avec AFP
Jordan Bardella a effacé les données d'un ancien compte Facebook militant dès la divulgation des écrits de jeunesse antisémites dont il nie être l'auteur, affirme vendredi le Canard enchaîné, de nouvelles informations démenties en bloc par le Rassemblement national.
Le nouveau président du RN Jordan Bardella lors du congrès du RN à Paris le 5 novembre 2022
Le nouveau président du RN Jordan Bardella lors du congrès du RN à Paris le 5 novembre 2022
© AFP

A l'origine de cette affaire, Mediapart affirme par ailleurs de son côté avoir relevé des similitudes entre les messages émanant du compte Facebook personnel de Jordan Bardella et d'autres postés sur le compte X officiel du président du Rassemblement national.

Ces nouveaux éléments mettent à mal la défense de M. Bardella, qui affirmait encore mardi qu'il n'avait "pas de compte Facebook" et qu'il "n'utilis(ait) plus depuis très longtemps" ce réseau social.

Or, le Canard enchainé assure "disposer d'extractions de conversations privées" prouvant que "toutes les données" d'un compte dont il se servait dans ses jeunes années de militant au Front national (ancien nom du RN) "ont été effacées entre le 28 septembre et le 2 octobre", soit dans la foulée des premiers articles de Mediapart.

Une "information fausse" aussitôt démentie par le parti: "Jordan Bardella ne s'est jamais connecté à aucun compte Facebook ni (n'a) supprimé aucun message", ce qui est "bien la preuve des manipulations en cours", a réagi son entourage, annonçant qu'une plainte en diffamation "sera déposée dans les prochaines heures".

Le compte Facebook évoqué par le Canard enchainé n'est toutefois pas celui à partir duquel l'actuel président du RN est accusé d'avoir échangé des messages ouvertement antisémites en 2013, alors qu'il était âgé de 17 ans. Des "propos ignobles" qu'il conteste farouchement avoir tenus, et pour lesquels il a déjà déposé plainte pour diffamation contre Mediapart.

Le site d'investigation affirme pourtant avoir pu établir "un lien direct" entre l'ancien compte Facebook personnel de M. Bardella et son compte X (à l'époque Twitter) officiel et toujours actif.

En croisant les archives, Mediapart a mis au jour des messages similaires, fautes d'orthographe incluses, à quelques heures d'intervalle sur les deux réseaux sociaux. Par exemple lorsqu'il écrivait au sujet d'Emmanuel Macron, sans le nommer, "le conseiller économique de François Hollande, employé par la banque Rotschild" - écorchant à chaque fois de la même manière le célèbre patronyme juif.

Ou encore lorsqu'il accusait tour à tour "la gauche" puis "les socialistes" d'avoir "voté les pleins pouvoirs à Pétain". Des allégations que l'entourage de M. Bardella a également rejetées, jugeant que "ce nouvel article est grotesque".

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