Crash, expertises génétiques, Poutine...Tout ce qu'il faut savoir sur la mort d'Evguéni Prigojine

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Evguéni Prigojine, l'imprévisible patron du groupe Wagner devenu l'ennemi de Vladimir Poutine, est mort dans le crash d'un avion en Russie mercredi. Voici ce qu'il faut savoir de l'affaire.
Extrait d'une vidéo postée le 25 mai 2023 sur le compte Telegram du service de presse de Concord, organe lié à Wagner, montrant le chef de ce groupe mercenaire Evguéni Prigojine à Bakhmut, dans l'est de l'Ukraine.
Extrait d’une vidéo postée le 25 mai 2023 sur le compte Telegram du service de presse de Concord, organe lié à Wagner, montrant le chef de ce groupe mercenaire Evguéni Prigojine à Bakhmut, dans l’est de l’Ukraine.
© AFP

Un crash survenu en Russie

Le jet privé transportant Evguéni Prigojine, chef du groupe paramilitaire Wagner, et sa garde rapprochée, s’est écrasé mercredi en fin d’après-midi dans la région de Tver, au nord-ouest de Moscou, faisant dix morts.

Des “expertises génétiques” pour confirmer la mort de Prigojine

La Russie a officiellement confirmé ce dimanche, “à l’issue d’expertises génétiques”, la mort du patron du groupe paramilitaire russe., dont l’avion s’est écrasé mercredi en faisant naître à l’étranger des soupçons d’un assassinat.

À l’issue des “expertises génétiques moléculaires” qui ont pris plusieurs jours, il a été établi que les identités des dix victimes “correspondent à la liste” des passagers et des membres d’équipage de l’avion, a annoncé dimanche le Comité d’enquête russe dans un communiqué.

Evguéni Prigojine et son bras droit, Dmitri Outkine, ex-officier d’une unité spéciale du renseignement militaire et commandant opérationnel de Wagner, figuraient sur cette liste.

L’Occident accuse la Russie, mais sans preuve

Les enquêteurs n’ont rien dit pour l’heure des pistes examinées, n’évoquant ni la thèse de l’accident, ni celle d’une bombe, d’un missile sol-air ou d’une erreur de pilotage.

De leur côté, les Occidentaux ont pointé du doigt Vladimir Poutine, mais sans fournir de preuves à ce stade. Des soupçons nés de la rébellion avortée du patron de Wagner.

L’armée américaine ne dispose “d’aucune information indiquant qu’un missile sol-air” était impliqué dans le crash de mercredi, a déclaré le porte-parole Pat Ryder.

Poutine dément l’assassinat du “traître” Prigojine

Le patron du groupe paramilitaire russe Wagner, Evguéni Prigojine et le président russe Vladimir Poutine, le 20 septembre 2010 à Saint-Pétersbourg.
Le patron du groupe paramilitaire russe Wagner, Evguéni Prigojine et le président russe Vladimir Poutine, le 20 septembre 2010 à Saint-Pétersbourg.
© AFP

Pour sa part, le Kremlin a démenti avoir ordonné d’assassiner Evguéni Prigojine, qualifiant de “spéculations” ces insinuations.

Peu de temps auparavant, Vladimir Poutine avait qualifié Evguéni Prigojine, qu’il côtoyait depuis les années 1990, de “traître” en raison de sa rébellion armée des 23 et 24 juin, dirigée contre l’état-major russe et le ministre de la Défense Sergueï Choïgou, qui a vu les hommes de Wagner brièvement capturer des sites militaires dans le sud de la Russie avant de se diriger vers Moscou.

Il a évoqué jeudi soir, après 24 heures de silence, un homme “talentueux” qui avait commis des “erreurs”, et aussi loué le rôle joué par Wagner sur le front en Ukraine.

Evguéni Prigojine avait renoncé à sa mutinerie après un accord qui prévoyait son exil avec ses hommes au Bélarus et l’abandon des poursuites. Pourtant, il a continué à se rendre en Russie et a été reçu au moins une fois au Kremlin en juin.

Le plus proche allié de Moscou, le président du Bélarus Alexandre Loukachenko, a soutenu le Kremlin en affirmant “ne pas pouvoir imaginer” le président russe donnant l’ordre d’assassiner le patron de Wagner.

Évoquant l’enquête, Vladimir Poutine a promis lui jeudi qu’elle serait menée “dans son intégralité” et qu’elle aboutirait à une conclusion.

“Les ennemis l’ont tué”

Depuis le crash de l’avion, des habitants de différentes villes russes où le groupe Wagner avait ses centres d’entraînement, de Novossibirsk (Sibérie occidentale) à Saint-Pétersbourg (nord-ouest), viennent déposer des fleurs sur des mémoriaux improvisés à Evguéni Prigojine, signe de la popularité du chef de guerre auprès de certains.

À Moscou, un mémorial improvisé, composé de drapeaux, de fleurs et de portraits de Prigojine, a été érigé sur l’une des rues centrales, Varvarka, non loin du Kremlin, selon une journaliste de l’AFP.

Un homme dépose des fleurs sur un mémorial improvisé pour le chef du groupe Wagner Evguéni Prigojine, à Moscou, le 24 août 2023.
Un homme dépose des fleurs sur un mémorial improvisé pour le chef du groupe Wagner Evguéni Prigojine, à Moscou, le 24 août 2023.
© AFP

“Les ennemis l’ont tué (...), mais nous espérons que la vengeance atteindra ceux qui ont commis ce crime”, a déclaré dimanche à la presse l’un des sympathisants de Prigojine, venu à ce mémorial.

Prigojine et Outkine “resteront dans notre histoire comme de véritables héros, comme un exemple de quelle sorte de personne il faut être”, a ajouté cet homme vêtu d’un T-Shirt orné d’une grande lettre “Z”, symbole de l’opération russe en Ukraine.

“Prigojine avait beaucoup d’ennemis dans notre pays, à l’étranger, en Ukraine et en Afrique”, a déclaré à l’AFP Renat, 53 ans, venu lui aussi rendre hommage à ce mémorial au patron de Wagner.

Wagner toujours actif

En perdant mercredi ses trois chefs les plus influents, le groupe russe Wagner voit sa marque considérablement affaiblie. Reste pourtant un modèle de société paramilitaire agile, indirectement lié à l’Etat russe, qui devrait lui survivre.

En Ukraine, Wagner s’était illustré lors de la longue et sanglante bataille pour Bakhmout, dans l’Est, capturée en mai au prix de lourdes pertes.

Wagner, qui a quitté l’Ukraine après sa rébellion, reste actif en Afrique mais son avenir est désormais en suspens. Partout où il a été déployé, ce groupe est accusé d’exactions, d’exécutions extrajudiciaires et de tortures.

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