Commission européenneQui est Ursula von der Leyen, la probable successeur de Juncker?

Romain Van Dyck
Proche de Merkel, europhile et polyglotte, mais aussi controversée et désavouée par les Allemands : qui est cette allemande énergique de 60 ans, qui devrait succéder au luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission Européenne?
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Inconnue à l’étranger, la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen sera donc la première femme et seulement la deuxième Allemande à la tête de la Commission. Cette proche de Merkel devrait arriver à Bruxelles à partir du 1er novembre et pour cinq ans, avec un bilan controversé au ministère de la Défense allemand, mais auréolée d’une réputation d’europhile convaincue.

Ursula Gertrud von der Leyen, née Albrecht, le 8 octobre 1958 à Ixelles (Belgique), est une femme politique allemande membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU). La carrière politique de “Röschen” (petite rose), son surnom, est impressionnante… même pour la fille d’un baron de la politique régionale allemande (Ernst Albrecht).

En 2003, elle devient ministre de la Famille de Basse-Saxe, puis est choisie deux ans plus tard par Angela Merkel pour occuper le ministère fédéral de la Famille d’Allemagne. Proche de la chancelière, elle mène une politique familiale jugée aux antipodes des positions de son parti en favorisant notamment le développement des crèches et en instituant un “salaire parental”.

PAS PEUR DE S’ATTAQUER À L’ARMÉE

Elle est reconduite en octobre 2009, puis nommée ministre fédérale du Travail à peine un mois plus tard. Suite de la démission du président fédéral Horst Köhler le 31 mai 2010, elle fait un temps figure de favorite pour la présidentielle, avant que Christian Wulff ne lui soit préféré.

En décembre 2013, elle devient ministre fédérale de la Défense. C’est alors la première femme à occuper ce poste. Elle impose de mettre fin à la tradition des honneurs faits à des officiers ayant servi Hitler. Elle s’est aussi mise à dos une partie de la hiérarchie militaire pour avoir dénoncé des “faiblesses” et un “esprit de corps mal placé” dans l’armée. Elle est un temps pressentie pour succéder à Merkel. En juillet 2019, elle est proposée par le Conseil européen comme future présidente de la Commission européenne.

Mais si elle peut s’enorgueillir de plusieurs mesures phares, elle est loin de faire consensus.

SUCCÈS ET SCANDALES

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Au sein du parti chrétien-démocrate (CDU), elle s’est opposé à son propre camp sur certains dossiers, réclamant par exemple des quotas de femmes au sein de la direction des grandes entreprises.

Elle est aussi la “mère” du salaire parental dont peuvent bénéficier les Allemands pendant les 14 mois suivant une naissance.

Mais une série de scandales ont aussi éclaboussé la Bundeswehr (« Force de défense fédérale ») et son ministère : manque d’investissements ou dépenses inconsidérées, essor de l’extrême droite dans les rangs... Les Allemands le lui ont fait payer: selon un sondage du quotidien Bild, elle est considérée comme l’une des deux ministres les moins compétents du gouvernement.

SOUVENT À LA UNE

La ministre a aussi été soupçonnée un temps en 2015 de plagiat de son doctorat, un sujet très sensible en Allemagne qui a déjà fait chuter d’autres personnalités politiques.

Soutenue par Emmanuel Macron, cette francophile et francophone (elle parle également anglais) devrait donc succéder à Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission (nommée mardi, elle doit encore être confirmée par un vote du nouveau Parlement européen).

Médecin de formation, cette femme de 60 ans est mère de sept enfants. Dans un pays où il reste difficile pour une femme de concilier carrière professionnelle et enfants, elle se joue des médias, faisant souvent la Une, au point d’être accusée d’instrumentaliser son clan.

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