
Aperçoit-on enfin un retour à la normale? Deux ans après le début de l’épidémie, plusieurs pays européens sont en train de lever leurs restrictions. Le dernier en date: la France.
Depuis ce mercredi 2 février, le port du masque n’est plus obligatoire en extérieur, les jauges sont abandonnées dans les lieux recevant du public assis (stades, établissements culturels...) et le télétravail n’est plus obligatoire, mais seulement recommandé.
“C’est un gros soulagement”, a réagi auprès de l’AFP Sylvie Chauchoy, directrice du Zénith de Strasbourg, le plus grand Zénith de France. “On a quand même eu un genou à terre le 27 décembre” à l’annonce des jauges. “On est soulagé, on va retravailler mais maintenant, il faut qu’on vende de la billetterie, le ticket ne se vend pas actuellement. On a cette épée de Damoclès au-dessus de nous”, ajoute-t-elle.
Deux semaines plus tard, le 16 février, ce sont les discothèques qui pourront rouvrir et les concerts debout seront à nouveau autorisés. La consommation au comptoir sera également possible dans les bars. Tout comme la consommation dans les stades, les cinémas et les transports.
Promesse pour l’instant tenue du gouvernement, qui avait lié cet allègement à l’application du pass vaccinal.
D’autres pays européens ont déjà desserré fortement leurs restrictions, à l’instar de l’Angleterre et du Danemark.
En dépit de l’omniprésence du Covid-19, le Danemark est même devenu mardi le premier pays de l’Union européenne à lever toutes ses restrictions, s’estimant en mesure de le faire grâce à sa forte couverture vaccinale et à la moindre sévérité du variant Omicron.
Après avoir mis un terme, il y a une semaine, à la recommandation de travailler chez soi pour ceux qui le peuvent, l‘Angleterre a elle abandonné les autres restrictions - parmi les plus légères en Europe - introduites en décembre face à la déferlante de cas Omicron: obligation du port du masque en intérieur dans les lieux publics et du passeport vaccinal pour les événements accueillant un public nombreux.
Le gouvernement a en outre annoncé jeudi que les résidents de maisons de retraite - dont 86,5% ont reçu leur dose de rappel de vaccin - pourront recevoir un nombre illimité de visiteurs à partir de lundi. S’ils sont testés positifs au coronavirus, ils devront s’isoler moins longtemps.
Aux yeux des autorités, la levée des contraintes est notamment justifiée par le fait que la menace sanitaire due au variant Omicron est limitée, puisqu’il est moins dangereux que ses prédécesseurs, bien que nettement plus contagieux.
“C’est un choix politique, dans une situation sanitaire qui évolue très lentement et où tout le monde aspire au monde d’après”, commente Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon, à Paris.
Selon lui, la décrue n’est pas encore confirmée: “On a l’impression qu’on n’est pas encore arrivé à la descente d’un pic mais plutôt sur un plateau”. En moyenne sur sept jours, plus de 334.000 nouveaux cas d’infection au coronavirus ont été enregistrés en France lundi, un chiffre qui baisse chaque jour légèrement depuis le milieu de semaine dernière.
Mais le nombre de cas reste à des niveaux jamais vus avant l’arrivée fin 2021 du variant Omicron. Et si la situation semble stable dans les services de soin critiques, le nombre de patients hospitalisés se maintient à un niveau élevé.
“Pour les semaines à venir, il y a une grande part d’incertitude”, reconnaît Gilles Pialoux. Fallait-il attendre avant de desserrer l’étau ? “Abandonner le masque à l’extérieur risque de se traduire par une diminution de son utilisation dans les espaces fermés”, s’inquiète-t-il. “La circulation du virus reste extrêmement élevée et les infections ne vont pas retomber d’un coup après le pic”, met aussi en garde l’épidémiologiste Mircea Sofonea.
“Dans la mesure où on allège des contraintes sans pour autant mettre en place en même temps des mesures de freinage comme l’installation de capteurs de CO2" pour évaluer le niveau de contamination de l’air intérieur, la décrue pourrait être très lente, prévient-il.
Le virus circule particulièrement dans les écoles, la grande majorité des enfants n’étant à ce jour pas vaccinés.
Jean Castex a envisagé un allègement du protocole sanitaire pour les établissements scolaires au retour des vacances de février, soit pas avant le 7 mars, date où tous les enfants (des trois zones) seront rentrés de vacances.