
L’année 2020 n’est définitivement pas celle du ski. Après l’arrivée du coronavirus en mars et le foyer d’infection d’Ischgl (en Autriche) au printemps, la France, l’Allemagne et l’Italie ont décidé de limiter les possibilités de filer “tout schuss”.
Certains pays comme l’Autriche et la Suisse, voire l’Espagne, pourraient profiter de l’absence de consigne au niveau européen. En effet, Bruxelles estime que c’est aux gouvernements de décider si oui ou non ils autoriseront le ski pour la fin d’année.
Ainsi, la France a annoncé que les stations de ski seraient ouvertes pour les fêtes de fin d’année mais que les remontées mécaniques resteraient à l’arrêt. Un coup dur pour les stations, qui misent davantage sur le ski alpin que le ski de randonnée et la luge pour faire le plein.
Malgré tout, les stations et certaines personnalités appellent les touristes à faire le déplacement et à profiter du “grand air” de la montagne.
En Italie, c’est la morosité qui domine. Magasins, hôtels et restaurants sont fermés, ce qui confère aux stations de ski ont des airs de villes mortes. Et leur espoir de rouvrir avant Noël est désormais quasi nul, suscitant inquiétudes et désarroi, alors que la Suisse voisine a rouvert ses pistes.
À Sestrières, dans le Piedmont, le patron de la station évoque l’impossibilité de démarrer la saison en janvier. “Une entreprise structurée comme la nôtre, qui emploie à plein régime 350 personnes, ne peut ouvrir le 10 janvier. Durant les vacances de Noël, nous encaissons 45% des recettes de la saison, si on nous les enlève, nous ne serons pas en mesure de partir” ou alors “seulement avec 4 remontées sur 45 en cas de bonnes conditions en terme de neige”, explique à l’AFP Giovanni Brasso, président de Sestriere Spa.
Enfin en Allemagne, il faudra laisser son équipement au placard: la Bavière a tranché et n’ouvrira pas ses domaines skiables pour la fin d’année. “Nous ne pouvons tout simplement pas envisager de vacances de ski classiques”, estime le président du Land, Markus Söder. Et gare à ceux qui voudrait traverser la frontière pour dévaler les pentes de l’Autriche voisine. Il leur en coûtera dix jours de quarantaine au retour, même pour une escapade d’une journée.
Malgré son confinement qui doit être levé le 7, l’Autriche espère rouvrir pour les pistes pour Noël. Le pays a déjà mis en garde jeudi contre les effets “désastreux” sur son économie d’une interdiction du ski à l’échelle européenne jusqu’au 10 janvier, alors qu’elle est l’une des plus dépendantes du tourisme hivernal sur le continent.
Chaque hiver, les pentes enneigées de la province du Tyrol attirent à elles seules plus de six millions de touristes. “Ce serait absolument catastrophique non seulement pour nous, mais pour le pays tout entier”, a déclaré à l’AFP le député conservateur Franz Hörl, directeur de l’Association des exploitants de remontées mécaniques.
Certains domaines ont déjà ouvert en Suisse et le pays, qui ne fait pas partie de l’UE, entend combiner protocoles sanitaires et impératifs économiques pour ouvrir ses stations durant les fêtes. “En Suisse, nous pouvons aller skier, avec des plans de protection”, a assuré jeudi le ministre de la Santé, Alain Berset, en soulignant que le gouvernement re-examinerait la situation avant les fêtes de fin d’année.
Car même si ce sont les cantons qui décident de l’ouverture des stations, le gouvernement peut avoir son mot à dire. Il mise pour l’instant sur la responsabilité individuelle et le respect des mesures de protection mises en place par les remontées mécaniques, les écoles de ski et les guides de montagne (respect des règles d’hygiène et de distance, port obligatoire du masque partout sauf sur les pistes).
En Bulgarie, la station de Bansko, Mecque européenne du ski “low cost”, prévoit également d’ouvrir alors que le pays affronte une flambée de l’épidémie et une saturation des services hospitaliers.
L’Espagne prévoit pour l’instant d’ouvrir ses stations de ski, mais les conditions restent à définir entre le gouvernement central et les régions, selon le ministre de la Santé, Salvador Illa. “Pour l’instant, nous prévoyons d’ouvrir le 11 décembre (…) personne ne nous a dit qu’on ne pouvait pas ouvrir”, a indiqué à l’AFP une porte-parole du gestionnaire privé de la grande station de Baqueira Beret située dans le Val d’Aran (Catalogne). La station propose toutefois sur son site des assurances en cas d’impossibilité de skier à cause de la pandémie.