
En Europe, la page du Covid-19 n’est pas encore vraiment tournée dans le tourisme. Alors que la flambée des prix dans l’aérien a alimenté la plupart des conversations en 2023 - dans son dernier bilan, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) évoquait une hausse de 10,7% au cours des dix premiers de l’année (pour les billets au départ de la France), le nombre de touristes européens qui ont décidé de prendre la poudre d’escampette n’est pas encore au même niveau qu’en 2019, année précédent la crise sanitaire que l’on prend toujours pour référence avant que les frontières du monde entier ne se ferment tour à tour.
Précisément, en 2022, les Européens ont réservé 976 millions de voyages touristiques, soit une hausse de 21% par rapport à l’année précédente, d’après les chiffres de l’Union européenne, publiés par Eurostat. Il y a donc du mieux, mais quand on remonte davantage dans le temps, on comprend que nous ne voyageons plus comme avant, en tout cas pas pour le moment. Les projets de voyage sont davantage semblables à ceux... de 2017, pour ce qui est de leur quantité. Les Européens en avaient réservé 975 millions cette année-là. Par comparaison, il y en a eu 652 millions en 2020, année de la crise Covid-19, contre 1,014 milliard en 2019.
Ce n’est en réalité qu’une question de temps. Au printemps dernier, l’organisation mondiale du tourisme (UNWTO) avait indiqué qu’à l’échelle internationale plus de 960 millions de personnes avaient voyagé en 2022, soit les deux tiers du volume de ce que l’on avait connu avant la crise sanitaire. En début d’année, rien que sur les trois premiers mois, le tourisme gagnait encore davantage d’adeptes, avec 235 millions de voyageurs internationaux, soit plus du double par rapport à la même période un an plus tôt.
En Europe, les touristes luxembourgeois sont ceux qui consacrent le budget le plus généreux à leur séjour à l’hôtel, soit 175 euros par nuit, contre 83,7 euros pour les Français, donc moins que la moyenne européenne à 87 euros la nuitée. Conformément à la courbe inflationniste qui touche aussi le tourisme, on dépense ainsi beaucoup plus pour s’offrir une chambre d’hôtel. Rien qu’une nuit se paye 30% plus chère par rapport à 2022 (67 euros).
Cependant, il y a une autre forme de voyage qui rencontre des difficultés pour retrouver le même dynamisme que par le passé : le voyage d’affaires. Alors que de nombreux employeurs ont découvert que les réunions pouvaient être réalisées en visio, offrant l’opportunité d’économiser un budget conséquent de billets d’avion, seuls 100 millions de voyages d’affaires ont ainsi été comptabilisés en Europe en 2022.
C’est beaucoup ? Pas vraiment car il y a dix ans, on en avait enregistré 117 millions... Outre l’aspect économique, la réalité concerne aussi la prise en compte de questions écologiques. Au moins 60% des déplacements des voyageurs professionnels en France ont été réalisés en train depuis le début de l’année, avait révélé une étude Qonto. 66% des voyageurs d’affaire mesureraient ainsi leurs émissions de CO2, contre 53% en 2022.