
L’ONG espagnole Proactiva, dont le navire Open Arms transporte une centaine de migrants secourus en Méditerranée, a rejeté l’offre de Madrid de l’accueillir, jugeant “absolument irréalisable” de rallier le port proposé, ont indiqué dimanche des responsables de l’ONG.
Il est “absolument irréalisable” pour le navire, qui se trouve près de l’île italienne de Lampedusa, d’aller jusqu’au port d’Algésiras (sud de l’Espagne), comme l’a proposé l’Espagne, face à l’"urgence humanitaire” après 17 jours de mer, a déclaré à la radio COPE Laura Lanuza, porte-parole de Proactiva Open Arms. Son fondateur, Oscar Camps, a précisé qu’il faudrait cinq jours au bateau pour parcourir les presque 1.000 miles nautiques jusqu’à Algésiras.
Une situation “explosive” à bord du navire
Le commandant du navire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, ancré à quelques centaines de mètres du port de Lampedusa (Italie), a décrit, vendredi 16 août, une situation “explosive"parmi les migrants interdits de débarquer. Après l’évacuation d’une dizaine de personnes pour des soins médicaux, dans la nuit de jeudi à vendredi, il reste 134 migrants à bord, où ils se trouvent depuis deux semaines.
La tentative de Madrid de trouver une solution
Le gouvernement espagnol a proposé dimanche d’accueillir dans le port d’Algesiras (extrême sud) le bateau de l’ONG Proactiva Open Arms transportant une centaine de migrants, face à “l’inconcevable” refus de l’Italie d’offrir un port d’accueil.
Le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, “a ordonné aujourd’hui (dimanche) l’habilitation du port d’Algesiras pour recevoir le bateau +Open Arms+", qui se trouve actuellement face à l’île italienne de Lampedusa, en raison de “la situation d’urgence” à bord et face à “l’inconcevable décision des autorités italiennes de fermer tous ses ports”, a annoncé le gouvernement dans un communiqué.
Madrid a pris cette décision “en raison de la situation d’urgence à bord, après deux semaines de navigation”, et alors que le navire transporte encore une centaine d’adultes et deux enfants dans des conditions “intenables”, a estimé Open Arms.
“Les ports espagnols ne sont ni les plus près ni les plus sûrs pour l’Open Arms, mais pour l’instant l’Espagne est le seul pays disposé à l’accueillir dans le cadre d’une solution européenne”, a ajouté l’ONG.
Le ministère espagnol des Affaires étrangères a toutefois lancé parallèlement, dans un communiqué, un dernier appel “aux autorités italiennes pour qu’elles autorisent le débarquement” des migrants, garantissant que ceux-ci seraient répartis entre pays européens “comme cela a été convenu”.
Le ministre de l’Intérieur italien, le leader d’extrême droite Matteo Salvini, a laissé à contrecœur samedi débarquer 27 migrants mineurs non-accompagnés. Mais il continue à refuser le débarquement du reste des passagers.