
Ces informations proviennent de nos confrères du Moscow Times, dont l’édition en russe est toujours censurée en Russie depuis le début de l’invasion en Ukraine.
ArcelorMittal a retiré les matériaux russes de sa chaîne d’approvisionnement en mars en réponse à l’invasion de l’Ukraine par Moscou.
En mai, le site économique Kommersant signalait que la multinationale avait suspendu ses livraisons à la Russie. Mais des experts du marché des matières premières ont déclaré au journal qu’ArcelorMittal avait repris ses livraisons le 10 juin et qu’elle avait jusqu’à présent fourni à la Russie plus de 77.000 tonnes d’acier.
ArcelorMittal a traditionnellement envoyé de l’acier en Russie directement depuis son usine du Kazakhstan, où il est vendu à un taux réduit en raison des coûts de production inférieurs et des distances de transport relativement courtes entre les deux pays.
Contacté par nos soins, le groupe basé au Luxembourg n’a pas souhaité commenter cette information. Une source proche du géant de l’acier aurait cependant confié que “les sanctions ne sont pas contournées, cela vaut pour l’achat de matières premières tout comme les produits finis”.
“Je ne savais pas qu’ArcelorMittal avait l’intention de livrer de l’acier à la Russie. Il est important que les sociétés qui fonctionnent au Luxembourg se comportent de manière conforme suite aux sanctions imposées par l’UE et je pars du principe que c’est le cas pour ArcelorMittal” a déclaré le ministre de l’Économie Franz Fayot.
Comme le géant de l’acier fait transiter ces livraisons vers la Russie par le Kazakhstan, les sanctions fixées par l’UE ne serait donc pas applicables.
Le député Marc Goergen (Pirates) avait sollicité le ministre dans le cadre d’une nouvelle loi soumise au vote à la Chambre. Ce projet de loi prévoit des aides octroyées à l’industrie gourmande en énergies afin qu’elles ne délocalisent pas leur production à l’étranger, là où les normes environnementales sont peut-être moins sévères qu’au Luxembourg. Les entreprises produisant de l’aluminium, de l’acier ou du cuivre sont éligibles, elles sont dix à pouvoir profiter de cette loi dont le projet a été valide par la Chambre avec 53 voix pour, 2 contre et 4 abstentions.