La baisse spectaculaire du prix du diesel de plus de 30 centimes au Luxembourg est-elle durable ? Les prix des carburants à la pompe vont-ils retrouver rapidement leurs niveaux d’avant la guerre ? Rien n’est moins sûr d’après de nombreux économistes.
Les bourses ont les yeux rivés sur les pourparlers qui pourraient se tenir entre les délégations iranienne et américaine au Pakistan, laissant entrevoir un possible apaisement des tensions au Moyen-Orient.
Sur les marchés mondiaux, “optimisme et prudence s’équilibrent”, selon Andreas Lipkow, analyste de CMC Markets.
Avec les pourparlers à venir, les cours du pétrole restent sous la barre symbolique des 100 dollars le baril ce vendredi matin. Mais la situation reste très fragile. “L’instabilité géopolitique liée au conflit au Moyen-Orient reste forte”, notent les analystes de Briefing.com.
Les regards sont notamment braqués sur le détroit d’Ormuz, annoncé rouvert dans le cadre de la trêve mais qui pourrait être miné, selon la mise en garde de Téhéran.
Mercredi, quelques navires ont emprunté ce passage par lequel transite habituellement 20% de la consommation mondiale d’hydrocarbures. Cela reste toutefois bien en deçà des niveaux habituels de navigation. Tant que cette situation perdure, la capacité d’exportation de pétrole des pays du Golfe reste particulièrement limitée, ce qui est un facteur de hausse des prix.
Les prix de l’essence aux États-Unis, actuellement au-dessus de 4 $ le gallon, pourraient continuer à augmenter suite aux rapports indiquant que l’Iran a fermé le détroit d’Hormuz, en réponse aux bombardements israéliens intensifs au Liban, selon les médias iraniens.
Une partie clé du cessez-le-feu consiste à rouvrir le détroit, dont la fermeture a provoqué une forte hausse des prix du pétrole et un chaos économique. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a rejeté ces affirmations, insistant sur le fait que la voie a été rouverte.
Mais même si le détroit reste ouvert, les prix de l’essence pourraient encore augmenter, car les chaînes d’approvisionnement ont besoin de temps pour se rétablir après une réduction des livraisons de pétrole. Les cargaisons retardées doivent être traitées et les stocks reconstitués.
Indépendamment de la réouverture du détroit, les compagnies maritimes pourraient hésiter à y envoyer des navires puisque les détails du transit n’ont pas encore été fournis. Bernard Aw, économiste en chef pour l’Asie-Pacifique chez Coface, a déclaré à Time Magazine que “même dans le meilleur des cas, les prix sont peu susceptibles de chuter fortement ou immédiatement”. Il a ajouté que, bien qu’un cessez-le-feu puisse réduire la volatilité “en quelques semaines”, une baisse significative des prix du pétrole et de l’essence prendrait probablement entre 3 et 6 mois.
Selon l’économiste, le décalage entre les prix du pétrole et ceux des carburants s’explique par “la structure en couches des prix : stocks existants, marges de raffinage, coûts de distribution et taxes”.
Jamus Lim, professeur associé en économie à l’ESSEC Business School, a indiqué au magazine que les prix du pétrole brut pourraient rester autour de 100 $ le baril jusqu’à la fin de l’été.