
“Nous nous approchons de la conclusion d’un accord de trêve”, avait déclaré plus tôt le chef en exil du Hamas, Ismaïl Haniyeh, dans un message en arabe envoyé par son bureau à l’AFP. Selon des sources au sein du Hamas et du Jihad islamique, un autre groupe islamiste armé palestinien, les deux mouvements ont bien accepté un accord dont les détails doivent être annoncés par le Qatar et les médiateurs. Le gouvernement israélien n’a pas réagi à ces déclarations.
Le Qatar, l’Egypte et les États-Unis œuvrent à un accord pour tenter de libérer des otages enlevés en Israël par le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, lors de son attaque meurtrière du 7 octobre, en échange notamment d’une trêve dans les combats.
L’armée israélienne estime qu’environ 240 otages ont été emmenés par le Hamas à Gaza. Depuis, leurs proches vivent dans l’angoisse et réclament au gouvernement des efforts accrus en vue d’une libération, tandis que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, refuse tout cessez-le-feu sans libération des otages.
La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, a rencontré lundi soir des dirigeants du Qatar ainsi que M. Haniyeh, basé dans l’émirat du Golfe, afin d’“avancer sur les questions humanitaires liées au conflit armé en Israël et à Gaza”.
Si le CICR a assuré ne pas participer aux pourparlers, il a insisté pour que ses “équipes soient autorisées à rendre visite aux otages pour s’assurer de leur bien-être et pour leur administrer des médicaments, et afin que les otages soient en mesure de communiquer avec leurs familles”.
“Nous n’avons jamais été aussi proches, nous sommes confiants. Mais il reste du travail. Rien n’est fait tant que tout n’est pas fait”, a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby.
Deux sources proches du dossier ont indiqué mardi à l’AFP que les pourparlers portaient sur un accord prévoyant la libération de “50 à 100" otages en échange de la libération de 300 prisonniers palestiniens en Israël, incluant des enfants et des femmes.
Le transfert se ferait par étape à raison de “dix” otages contre “trente” prisonniers palestiniens par jour et comprendrait l’entrée de nourriture, d’aide médicale et de carburant et surtout une “trêve humanitaire de cinq jours renouvelable”.
Mais Israël insiste sur le “regroupement familial” signifiant que si un civil était libéré, son partenaire le serait également, même s’il était soldat, ce que le Hamas refuse pour le moment, étant opposé à la libération de militaires, selon ces deux sources.
Des proches des otages ont rencontré lundi soir Benjamin Netanyahu et son “cabinet de guerre”. “Récupérer nos otages est une tâche sacrée et suprême et je m’y engage”, a déclaré le Premier ministre sur le réseau social X, après cette rencontre, sans lever le voile sur les pourparlers. “Nous n’arrêterons pas les combats tant que nous n’aurons pas ramené nos otages chez eux, détruit le Hamas et veillé à ce qu’il n’y ait plus de menaces venant de Gaza”, a-t-il ajouté.
“Nous voulions entendre parler d’un accord et entendre que le retour des personnes enlevées est une priorité parmi les objectifs de la guerre. Nous n’avons pas entendu cela”, a déclaré Udi Goren, dont le cousin Tal Haimi est parmi les otages.