
Dans une déclaration commune, les onze pays membres de ce forum diplomatique ont fait part de leur "vive préoccupation face à l'escalade continue des tensions au Moyen-Orient".
"Conformément à nos positions nationales respectives, (nous) exhortons (les parties) à la retenue maximale ainsi qu'à éviter les actions susceptibles d'aggraver la situation", ont-ils déclaré lors de la première des deux journées de la réunion.
La guerre ouverte en février par les frappes des Etats-Unis et d'Israël sur l'Iran divise les Brics, dont les ministres des Affaires étrangères n'avaient pu se mettre d'accord sur un texte commun en mai.
D'un côté Pékin et Moscou, déterminés à contrer l'hégémonie américaine, continuent à commercer avec l'Iran malgré les menaces de sanctions répétées de Donald Trump.
Mais les Emirats arabes unis, eux, ont suspendu en août leurs échanges commerciaux et financiers avec Téhéran après avoir été visés par des missiles iraniens.
Le président iranien Massoud Pezeshkian et le prince héritier d'Abou Dhabi, Khaled ben Mohamed ben Zayed Al Nahyane, ont joué l'apaisement entre leurs deux pays en s'entretenant samedi en marge du sommet.

Les deux dirigeants ont insisté, selon la presse officielle émiratie, sur la nécessité "de soutenir les efforts de désescalade, d'apaiser les tensions et de revenir à la stabilité dans la région".
Le chef de l'Etat iranien a par ailleurs déclaré samedi que le Moyen-Orient n'avait "pas besoin de gendarme", en référence aux Etats-Unis. "L'intégrité territoriale et la sécurité de la région ne pourront être garanties que par ses principaux acteurs et les pays qui la composent", a-t-il insisté.
Dans son discours d'ouverture, M. Modi a appelé "le Sud global, en première ligne des crises mondiales" mais "en dernière ligne des prises de décisions", à "changer cette structure pyramidale en structure de partenariat".
La présence samedi de Xi Jiping en Inde a marqué un enouvelle étape du lent dégel des relations entre les deux pays, sérieusemet dégradées depuis un accrochage militaire meurtrier avait opposé les soldats en 2020 le long de frontière disputée dans l'Himalaya.

Les deux pays ont depuis lentement remis leur relation sur les rails, mais la méfiance reste de mise entre les deux géants asiatiques.
Lors d'un entretien samedi, MM. Modi et Xi se sont engagés samedi à résoudre de façon "honnête et raisonnable", selon un compte-rendu diffusé par le ministère indien des Affaires étrangères.
"Le Premier ministre (Modi) a souligné que les deux camps devaient être guidés par le respect, la sensibilité et l'intérêt mutuels", selon la même source, "les différences ne doivent pas devenir sources de disputes".
"Si nos deux pays sont différents par maints aspects, ils sont capables de compléter leurs forces, de se soutenir, de réussir et d'avancer ensemble", a pour sa part déclaré Xi Jinping, selon un extrait de l'entretien diffusé par New Delhi.
Le forum des Brics a été créé en 2009 pour rassembler les grandes économies émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, puis l'Afrique du Sud) hors des institutions dominées par les Etats-Unis et les puissances occidentales comme le G7.
Le bloc s'est depuis élargi, notamment à l'Iran, et ces pays membres "représentent la moitié de la population mondiale, 40% du PIB de la planète et plus d'un quart du commerce international", a rappelé Narendra Modi.

"Lorsqu'un pays subit des pressions politiques et militaires sur son commerce, son énergie, ses infrastructures et son système financier, les répercussions dépassent ses frontières", a souligné le président iranien.
En représailles aux bombardements sur son territoire, l'Iran a verrouillé le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre 20% du pétrole mondial. Ce blocage continue de faire flamber les prix du brut sur les marchés.
La déclaration commune publiée samedi par les Brics n'a fait aucune référence à l'Ukraine.
Sur le plan économique, les pays membres ont réaffirmé dans leur document leur "soutien au système commercial multilatéral non discriminatoire, ouvert, équitable, transparent, juste, inclusif, prévisible et fondé sur des règles, avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC) au centre".
Moins de deux semaines avant sa visite prévue à Washington, Xi Jinping, a appelé le bloc à "rejeter toutes les formes de protectionnisme" et à "soutenir le système commercial multilatéral" ayant l'OMC en son coeur.