
Le déraillement du train, qui assurait la liaison Rouen-Caen, s'est produit entre les gares de Tourville et Elbeuf-Saint-Aubin, au niveau de la commune de Cléon (Seine-Maritime), située au sud de Rouen, vendredi vers 19h45. Le convoi de deux rames transportait 186 personnes.
A ce stade, "l'hypothèse principale est celle de la présence - sur un des rails de la voie - d'un morceau de rail, qui pourrait être à l'origine de ce déraillement. Les causes de cette présence sont inconnues, et devront être identifiées par l'enquête", a indiqué samedi le procureur de Rouen Sébastien Gallois dans un communiqué.

Les investigations, notamment "les opérations de police technique", se poursuivent "activement", a ajouté le magistrat, précisant que "la "boîte noire" du train a été saisie".
L'enquête, confiée à la police judiciaire de Rouen, se poursuit et plusieurs auditions sont prévues, tandis qu'un expert judiciaire est requis pour faire la lumière sur les circonstances de l'accident.
Peu après l'accident, d'importants moyens de secours ont été mobilisés, avec 130 pompiers, cinq équipes médicales et 80 véhicules.
Les jours de la principale victime ne sont plus en danger mais elle reste hospitalisée, d'après le magistrat.
Parmi les blessés légers, 26 ont été pris en charge dans quatre établissements de santé à Rouen. 21 ont pu regagner leur domicile dans la nuit et cinq sont toujours pris en charge, a précisé sur X à la mi-journée le ministre des Transports Philippe Tabarot.

Selon la maire de Cléon, dont la municipalité a accueilli durant la nuit des passagers du train accidenté, les victimes "sont en état de choc, parce que ça a été violent. Les vitres des rames qui sont restées debout ont cassé, et avec la vitesse, il y a des cailloux qui sont rentrés à l'intérieur des rames...", a déclaré à l'AFP Mélanie Delacour.
Certaines victimes "disent "je ne prendrai plus jamais le train"'. C'est un drame qui aurait pu être une catastrophe d'une très grande ampleur", a ajouté Mme Delacour.
La violence de l'accident a marqué les passagers: un wagon s’est couché sur le côté tandis que quatre autres sont sortis des rails.
"D'un seul coup sont venues quelques secousses, puis au bout de trois secondes, c'est devenu de plus en plus fort", a témoigné auprès d'ICI Normandie l'un des passagers, Louis, âgé de 24 ans. "C'était vraiment choquant, j'en tremble encore."
Selon Hervé Morin, président de la région Normandie, "l'hypothèse la plus probable aujourd'hui est un acte qui n'est pas simplement un acte malveillant mais un acte que l'on peut qualifier de criminel. La motrice s'est retournée, c'est à dire que la partie qui allait vers Caen s'est retrouvée vers Rouen, tellement le choc a été violent".
Le morceau de rail, "estimé entre 250 et 300 kilos", n'est pas "arrivé comme ça sur la voie, sachant qu'un train est passé une heure avant et qu'il n'y a pas eu de travaux entre-temps", a-t-il dit à l'AFP, tout en précisant que sur ce tronçon la vitesse maximale était de 120 km/h.
Samedi en début d'après-midi, une quinzaine d'enquêteurs de la police judiciaire étaient présents aux alentours du site de l'accident, a constaté un photographe de l'AFP. Ce dernier a eu lieu dans un étroit méandre de la Seine, à proximité immédiate de l'usine Renault de Cléon.
La circulation ferroviaire, interrompue assez largement aux alentours de la zone, notamment sur les lignes Paris-Rouen et Rouen-Amiens, a été rétablie, a précisé samedi matin un porte-parole de SNCF Réseau.
Sur la ligne Rouen-Caen elle-même, où dix allers-retours par jour et six le week-end sont normalement assurés, la circulation reste interrompue.
Pour le "relevage" du train, les équipes de SNCF Réseau sur place doivent attendre que le procureur "rende la zone", à une échéance à ce stade indéterminée, pour pouvoir inspecter puis organiser les opérations, selon le porte-parole.