Images impressionnantes Les incendies de forêt surveillés par des satellites

Samantha Weber
Depuis des jours, la Grèce lutte contre des incendies de forêt, qui continuent de se propager en raison des vents violents. Des images satellites en précisent l'étendue.

Depuis début juillet, des vagues de chaleur extrême ont été enregistrées particulièrement dans le sud de l’Europe, en Amérique du Nord et dans l’hémisphère nord. En Grèce, les pompiers tentent de maîtriser les incendies depuis une semaine, mais les vents violents, les longues vagues de chaleur et la sécheresse intensifient les feux. Des dizaines de milliers de personnes, dont des touristes luxembourgeois, ont dû être évacuées de l’île de Rhodes.

D'Temperatur vun der Äerduewerfläch de 17. Juli 2023.
D’Temperatur vun der Äerduewerfläch de 17. Juli 2023.
© ESA (European Space Agency)

Les images de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui ont été enregistrées dans le cadre de la mission “Copernicus Sentinel 2", montrent clairement comment les flammes se dirigent vers la côte et comment se développent les nuages de fumée.

Les satellites, tels que déployés par l’ESA et l’Union européenne dans le cadre du programme Copernicus, sont particulièrement utiles, car ils fournissent des données au niveau global à des intervalles contrôlés. Outre l’avantage qu’ils ont de pouvoir surveiller des endroits difficiles d’accès, les satellites mesurent aussi la température de la surface de la terre, qui est souvent supérieure à la température de l’air, comme l’explique Clément Albergel, chargé de recherche CNRS actuellement détaché à l’"ESA Climate Office” à Londres.

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“Sentinel 3 par exemple possède un instrument, un radiomètre, qui permet de mesurer la température de surface. Alors attention: il ne s’agit pas de la température de l’air au sens météorologique du terme telle que celle que vous trouvez dans le bulletin météorologique. Il s’agit de la quantité réelle d’énergie rayonnante de la terre qui indique la température réelle de la surface terrestre. Alors bien entendu les températures élevées de l’air se reflètent dans les valeurs de température de la surface terrestre en fonction du type de couvert, de sa couleur, des conditions météorologiques comme le vent, la couverture nuageuse.”

Clément Albergel iwwer de “Sentinel 3"-Satellitt

Les vagues de chaleur extrêmes, au cours desquelles les températures sont anormalement élevées pendant de longues périodes consécutives, favorisent le déclenchement des incendies. Là aussi, les satellites de l’ESA permettent de suivre depuis l’espace l’évolution des incendies et de déterminer dans quelles zones il y a un risque de feux de forêt. Le “Système européen d’information sur les incendies de forêt” (EFFIS) fournit donc les informations les plus récentes sur les incendies de forêt en cours en Europe et en Méditerranée. Et cela notamment via des cartes mises à jour quotidiennement des zones qui brûlent ou qui ont brûlé, ainsi que des prévisions météorologiques sur le risque d’incendies de forêt.

“Les observations de la terre depuis l’espace permettent de faire du suivi du risque et elles peuvent être combinées avec des informations météorologiques pour faire de la prévision du risque et toutes ces informations peuvent être utilisées en complément des moyens au sol et des moyens aériens pour aider à la prise de décision. Les pompiers utilisent ce type d’information.”

Clément Albergel iwwer Klimaobservatioun mat Satellitten

Selon le chercheur à l’ESA, la détection des incendies repose sur les principes physiques de la chaleur et de la lumière. Le signal d’une hausse de la température, qui est créé par le feu, serait relativement facile à voir depuis l’espace, mais il ne dure que peu de temps. La modification de la réflexion lumineuse de la surface de la terre, comme par exemple une coloration plus foncée pour la végétation brûlée, n’est pas aussi clairement visible de l’espace, mais dure plus longtemps, parfois même des mois ou des années après un incendie.

Selon Clément Albergel, ces vagues de chaleur, telles qu’elles se produisent actuellement, sont clairement imputables à l’homme. Des phénomènes météorologiques tels qu’"El Niño” contribueraient certes à l’intensification des vagues de chaleur, et devraient également être pris en considération, mais la principale cause du changement climatique, ce sont nos émissions et la combustion des énergies fossiles. La semaine dernière, le réseau international de scientifiques “World Weather Attribution” a publié une étude selon laquelle des vagues de chaleur aussi fréquentes, intenses et longues en Europe seraient “impossibles” s’il n’y avait pas “le réchauffement climatique global causé par l’homme”. Des satellites sont nécessaires pour mieux comprendre ces phénomènes météorologiques extrêmes.

© ESA (European Space Agency)

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