
"Les flux successoraux vont fortement augmenter: plus de 9.000 milliards d'euros doivent être transmis d'ici 2040, c'est ce qu'on appelle la "grande transmission"", a expliqué Marine Tondelier, cheffe des Ecologistes et candidate à la présidentielle, en préambule d'une conférence de presse.
"Une "grande transmission" qui doit financer la "grande transition"" écologique, a-t-elle poursuivi.
Le parti propose d'instaurer une contribution de 10% sur les héritages de plus de 4 millions d'euros, et de 10% supplémentaires sur ceux dépassant les 13 millions d'euros.
Il veut aussi raboter certaines niches fiscales comme le pacte Dutreil - qui permet une exonération de 75% des droits de mutation lors de la transmission d'une entreprise familiale - dont le taux serait abaissé à 50%. Ou encore supprimer les avantages fiscaux liés au démembrement de propriété - quand on distingue l'usufruit et la nue-propriété d'un bien.
"Actuellement, les plus riches payent à peine 10% de frais de succession grâce à ces avantages", a dénoncé Eva Sas, députée écologiste et membre de la Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire.
Ces mesures, que le parti compte proposer lors des débats budgétaires, pourraient rapporter "15 milliards d'euros par an".
Des fonds que Marine Tondelier voudrait réinjecter dans l'adaptation et la lutte contre le dérèglement climatique à travers notamment un plan de rénovation du bâti scolaire de 4 milliards d'euros par an, sur 10 ans, financé pour moitié par l'Etat et pour moitié par les collectivités dès 2027.
Par ailleurs, les Ecologistes souhaitent le rétablissement du fonds vert (+1,9 md d'euros), l'augmentation de MaPrimeRénov à hauteur de 1,4 milliard d'euros, le renforcement de la sécurité civile ou encore la création d'un plan "biodiversité" afin de préserver les écosystèmes.
"Ces dépenses publiques ne peuvent pas être baissées en 2027" en dépit du contexte budgétaire tendu, a plaidé Eva Sas.
"Oui, l'écologie a un coût. Mais selon les économistes, l'inaction coûte 5 fois plus cher que l'adaptation", a tenu à rappeler Marine Tondelier.
La taxation des héritages s'est imposée dernièrement comme l'un des sujets de la campagne présidentielle. La France insoumise propose de "tout" prendre au dessus de 12 millions d'euros, tandis que Raphaël Glucksmann souhaite une taxe sur 1% des héritages, afin de faire baisser les cotisations salariales de 15 milliards d'euros.