
Roquette, mâche, jeunes pousses… ces incontournables de la “quatrième gamme” ont quasiment disparu des étals. Selon les enseignes, la moitié à plus des deux tiers de l’offre habituelle manque, et ceux qui espèrent encore trouver un sachet en fin de journée repartent souvent bredouilles, comme le soulignent nos collègues de RTL France.
Derrière ces rayons clairsemés, un responsable évident : la canicule et la sécheresse. La salade, composée à 95% d’eau, ne tolère pas les températures extrêmes. Ses feuilles fines se déshydratent, se flétrissent, et deviennent invendables en quelques heures. Et certaines variétés, comme la mâche ou les jeunes pousses, sont encore plus vulnérables : cultivées sur des sols sablonneux, elles subissent de plein fouet la chaleur qui bloque leur croissance. Résultat : la production s’est effondrée.
Avec des cultures incapables de se développer, les usines de conditionnement n’ont tout simplement plus assez de volumes pour alimenter les distributeurs. La chaîne se grippe : moins de récoltes, moins de sachets produits, moins de marchandises livrées. Les supermarchés se retrouvent en bout de course, avec des rayons qui ne se remplissent plus.
Dans cette période de tension, les industriels ont fait un choix stratégique : priorité aux clients qui paient le plus cher. Les chaînes de fast‑food, pour lesquelles la salade est un ingrédient indispensable, ont été servies avant la grande distribution. Certaines usines ont même dû importer des salades depuis la Pologne ou d’autres pays d’Europe de l’Est, où la météo permettait encore de produire.
Même si les températures redescendent, la situation ne peut pas se rétablir du jour au lendemain. Une fois les plants repiqués, il faut entre quatre et six semaines pour obtenir une salade prête à être récoltée. Autrement dit, les rayons ne retrouveront pas leur niveau habituel avant plusieurs semaines.
La salade en sachet appartient à la quatrième gamme, celle des produits frais prêts à l’emploi : lavés, triés, conditionnés. La première gamme, ce sont les produits bruts (comme des épinards frais). La deuxième, les conserves. La troisième, les surgelés. La cinquième, les produits déjà cuits.
La quatrième gamme, elle, dépend d’une chaîne ultra‑réactive… qui s’effondre dès que la météo déraille.