BolivieLe président Evo Morales annonce sa démission

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Confronté à une vague massive de contestation contre sa réélection, le président avait annoncé la tenue de nouvelles élections.
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Le commandant en chef de l’armée bolivienne, le général Williams Kaliman, a demandé dimanche au président Evo Morales, confronté depuis trois semaines à une vague de contestation contre sa réélection, de démissionner “pour le bien de la Bolivie”.

“Après avoir analysé la situation conflictuelle interne, nous demandons au président de renoncer à son mandat présidentiel afin de permettre la pacification et le maintien de la stabilité, pour le bien de notre Bolivie”, a déclaré le général à la presse.

Le président a finalement annoncé sa démission dimanche en fin de journée (heure luxembourgeoise).

Incendie de la maison du président de l’Assemblée nationale

Le président de l’Assemblée nationale bolivienne, Victor Borda, a démissionné dimanche après l’incendie de son domicile par des manifestants, qui contestent depuis trois semaines la réélection au premier tour du président Evo Morales.

“Je renonce à (la présidence de) l’Assemblée (...), pourvu que cela aide à préserver l’intégrité physique de mon frère, qui a été pris en otage” à son domicile de Potosi (sud-ouest), a-t-il déclaré, peu après la démission du ministre des Mines, César Navarro, qui a dénoncé l’incendie de sa maison et l’agression de son neveu.

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Appel à la démission d’Evo Morales, malgré de nouvelles élections

Plusieurs dirigeants de l’opposition bolivienne ont appelé dimanche le président Evo Morales à démissionner, malgré son annonce de nouvelles élections après trois semaines de contestation du scrutin du 20 octobre.

“Nous croyons que le président Morales doit prendre cette décision, s’il lui reste une once de patriotisme il devrait se retirer”, a déclaré le centriste Carlos Mesa, candidat malheureux au premier tour de la présidentielle, dont l’Organisation des Etats américains (OEA) a demandé l’annulation.

Le chef de l’Etat “n’est pas en conditions” de mener un nouveau processus électoral ni de se présenter à nouveau comme candidat, a-t-il ajouté.

“Evo Morales a brisé l’ordre constitutionnel et doit démissionner”, a aussi estimé Luis Fernando Camacho, dirigeant le plus visible et radical de l’opposition, appelant à la formation d’une “commission de gouvernement transitoire”, chargée de “convoquer de nouvelles élections d’ici 60 jours maximum”.

Ces déclarations surviennent après l’annonce par le président de la prochaine organisation d’un nouveau scrutin, une option qu’il avait jusque-là toujours rejetée mais à laquelle il a dû se résigner, face à la tension extrême que traverse le pays.

“J’ai décidé de renouveler l’ensemble des membres du Tribunal électoral suprême (TSE)”, a-t-il déclaré lors d’une intervention télévisée, en annonçant qu’il “convoquerait de nouvelles élections qui permettront, en votant, au peuple bolivien d’élire démocratiquement de nouvelles autorités”.

“Cette décision prise, j’appelle à faire baisser la tension. Tous et toutes doivent pacifier la Bolivie”, a lancé le leader indigène de gauche de 60 ans, au pouvoir depuis 2006.

Evo Morales n’a pas spécifié la date de ce nouveau scrutin, ni s’il s’y représenterait.

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