EuropeLe Portugal se prépare à un déconfinement progressif

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Le Portugal présente jeudi un plan de déconfinement progressif, près de deux mois après le début d'un confinement généralisé pour faire face à une violente troisième vague de l'épidémie de Covid-19.
© AFP

Le gouvernement doit dévoiler jeudi après-midi son dispositif de déconfinement différencié selon les secteurs d’activité et flexible en fonction de l’évolution des indicateurs de risque, à l’issue d’un conseil des ministres dont l’heure n’a pas encore été précisée.

“Nous avons actuellement des niveaux de contagion parmi les moins élevés d’Europe, s’est félicité mercredi le ministre de l’Economie, Pedro Siza Vieira. “Selon les experts, les conditions sont réunies” pour une réouverture “avant Pâques”, a affirmé le ministre à l’issue d’une réunion avec les partenaires sociaux sur le plan de déconfinement, mais sans livrer plus de détails.

Le gouvernement a toutefois déjà annoncé plusieurs mesures pour préparer le retour des élèves dans les écoles. Ce retour s’appuiera sur deux points:

  • le déploiement d’un dépistage de masse dans les établissements scolaires,
  • la vaccination des professeurs et personnels, désignés comme prioritaires pour le vaccin contre le Covid.

“Cela correspond à ce que nous demandions”, s’est aussitôt réjoui Filinto Lima, président de l’Association des directeurs des écoles publiques. Pour le moment, seules 297.000 personnes ont reçu les deux doses du vaccin, soit à peine 3% de la population portugaise.

UN RETOUR À LA NORMALE TRÈS PRUDENT

Revenir à une vie normale devrait être progressif et marqué par une grande prudence, ont défendu les experts entendus lundi par le gouvernement. D’après les médias portugais, ce plan de déconfinement serait réévalué tous les 15 jours et s’adapterait à la situation épidémiologique de chaque région.

Il pourrait débuter la semaine prochaine avec la réouverture des crèches et l’assouplissement de certaines règles, comme réclamé par de nombreux commerces fermés depuis janvier.

“La situation devient vraiment compliquée”, confie à l’AFP Bruno Santos, 42 ans, propriétaire d’un salon de coiffure à Almada, au sud de Lisbonne, qui a recouvert sa vitrine d’un rideau noir en signe de “deuil”.

“On est en deuil car on nous empêche de travailler”, soupire ce coiffeur qui propose à ses clients d’acheter des coupons utilisables lorsque l’établissement rouvrira, ce qui lui permet une petite rentrée d’argent.

Un hôpital de campagne a vu le jour dans le sud du Portugal pour pallier à la saturation des établissements de santé du pays.
Un hôpital de campagne a vu le jour dans le sud du Portugal pour pallier à la saturation des établissements de santé du pays.
© PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

Malgré les nombreux appels au déconfinement, le Premier ministre Antonio Costa a expliqué vouloir éviter un emballement de l’épidémie en levant les restrictions trop rapidement.

Epargné par la première vague de la pandémie, le Portugal a éprouvé plus de difficultés à endiguer la deuxième vague, se limitant à des confinements partiels.

Après l’allègement des restrictions à Noël et l’arrivée du variant britannique, plus contagieux, le Portugal était en janvier le pays au monde le plus durement frappé par la pandémie de Covid-19, par rapport à sa population de 10 millions d’habitants.

Cela l’avait contraint à imposer un deuxième confinement général à la mi-janvier, à fermer les écoles une semaine plus tard, à rétablir des contrôles aux frontières et à suspendre ses vols avec le Brésil et le Royaume-Uni pour limiter la propagation des nouveaux variants.

Battant fin janvier des records quotidiens de décès (303 morts) et de contaminations (près de 16.500 nouveaux cas) et avec un pic d’hospitalisations, le Portugal avait dû se résoudre à accepter l’aide de l’Allemagne, du Luxembourg et de la France pour soulager ses hôpitaux saturés.

A la faveur d’un confinement strict, la situation s’est rapidement améliorée. Mercredi, le Portugal a enregistré en 24 heures 22 décès et 642 nouveaux cas, tandis que le nombre de patients en soins intensifs est descendu pour la première fois depuis quatre mois sous le seuil des 300 hospitalisations.

Toutefois, l’indice de transmission semble en hausse, “à plus de 0,9", ce qui pourrait s’expliquer par un confinement moins respecté, a estimé Rui Rio, le leader de l’opposition de droite, à l’issue d’une réunion avec le chef de l’Etat qui consulte les partis sur le prolongement de l’état d’urgence jusqu’à la fin du mois, soumis au vote du Parlement jeudi. “S’il est supérieur à 1, les conditions pour le déconfinement ne sont pas réunies”, a-t-il prévenu.

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