ParisLe porte-parole du gouvernement évacué après une intrusion de manifestants dans son ministère

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Pour leur huitième rassemblement ce samedi, le premier de l'année 2019, les gilets jaunes voulaient relancer la mobilisation.
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Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a été évacué samedi de ses bureaux rue de Grenelle à Paris après une intrusion violente de “gilets jaunes” avec un engin de chantier dans la cour du ministère, a-t-il affirmé à l’AFP, confirmant une information du Parisien.

“Il y avait des +gilets jaunes+, des gens habillés en noir (...) qui ont pris un engin de chantier qui était dans la rue, et qui ont défoncé la porte du ministère (...) et cassé deux voitures. Quand il y a eu l’intrusion on a fait évacuer les personnels”, a affirmé M. Griveaux.

L’intrusion s’est produite vers 16H15-16H30, a-t-il précisé.

Interrogé sur des informations faisant état de “tentatives d’intrusion” dans d’autres ministères, le cabinet de M. Griveaux n’a pas confirmé.

“Ce n’est pas moi qui suis visé, c’est la République”, par “ceux qui souhaitent l’insurrection, renverser le gouvernement”, mais “la République tient debout”, a souligné le porte-parole auprès de l’AFP.

Le 8e rendez-vous dans le Grand Est était fixé à Épinal ce samedi 5 janvier. En début d’après-midi, les manifestants commençaient à affluer dans le “Cœur des Vosges”. Le rassemblement a commencé vers 13h au Champs de Mars.

© Jordan Lainet‎ Mouvement 57 / 54

À Paris, plusieurs groupes de gilets jaunes devraient se mobiliser, notamment ceux proches de la page Facebook “La France En Colère”, animée notamment par Eric Drouet, Priscilla Ludosky et Maxime Nicolle. Ils devraient se retrouver à 14h devant l’hôtel de ville de Paris pour lire une longue lettre ouverte adressée au président de la République.

En Lorraine, une cinquantaine de gilets jaunes ont bloqué vendredi soir la rue permettant d’accéder au centre d’impression de nos confrères de L’Est Républicain, du Républicain Lorrain et de Vosges Matin. Ils ont monté des barricades auxquelles ils ont ensuite mis feu. La police et les pompiers sont intervenus pour rétablir l’accès au site. Quatre personnes ont été interpellées.

Ce n’est pas un acte de trop, et il va y en avoir d’autres. D’autant plus que, dans les prochaines semaines, il va y avoir des décisions très importantes qui vont être prises par le gouvernement”, a indiqué samedi matin sur l’antenne d’Europe 1 Kamel Amriou, le président du “Mouvement citoyen des gilets jaunes”.

En région, aucun événement de grande envergure ne s’est détaché sur les réseaux sociaux.

Après Nancy et Metz, le principe du changement de lieu est maintenu et a conduit les manifestants à Épinal.

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Dans le reste de la France

Les “gilets jaunes” ont commencé samedi à se rassembler dans plusieurs villes pour “l’acte VIII” de leur mobilisation, dans l’espoir de peser sur le gouvernement qui dénonce des velleités “d’insurrection” et réclame le retour à l’ordre. Bordeaux, Toulouse, Lyon... Pour cette première mobilisation de l’année 2019, les “gilets jaunes” se sont donné rendez-vous autour de places symboliques des grandes villes, insensibles aux concessions de l’exécutif et au grand débat national qui doit s’ouvrir à la mi-janvier.

A Paris, deux principales actions ont été déclarées à la préfecture: une marche partira de la place de l’Hôtel-de-Ville en début d’après-midi pour rallier l’Assemblée nationale et un rassemblement sur les Champs-Élysées, haut lieu de contestation lors des précédents week-ends.

Vers 11H00, entre 500 et 600 personnes étaient rassemblées dans le calme sur la célèbre artère, non loin de l’Arc de Triomphe, et tenaient une assemblée générale, a constaté un journaliste de l’AFP. “On va manifester ici tous les samedis, ça va continuer tout 2019", déclamait dans un mégaphone Sophie, une des figures de ce groupe. “On va faire en sorte que les citoyens reprennent le pouvoir. On veut des états généraux organisés par le peuple et pour le peuple”.

Plusieurs d’entre eux ont fini par investir la chaussée aux cris de “Macron démission”, allumant quelques fumigènes et bloquant la circulation.

C’est à proximité des Champs-Élysées qu’Eric Drouet, figure controversée du mouvement, avait été arrêté mercredi soir et placé en garde à vue durant une dizaine d’heures. Ce qui avait provoqué l’indignation de l’opposition et de “gilets jaunes”, dont certains ont demandé au Défenseur des droits d’ouvrir une enquête pour sur ces “atteintes à la liberté”. Près du Panthéon, une vingtaine de personnes, originaires de région parisienne mais aussi de Montauban ou du Var, se sont réunies dans la matinée en “hommage aux victimes” mortes sur les ronds-points en marge des mobilisations, a expliqué à l’AFP Faouzi Lellouche, venu de Sevran.

Ailleurs en France, les rassemblements se déroulaient aussi dans le calme. A Lyon, une centaine de “gilets jaunes” se sont retrouvés devant l’ancienne gare des Brotteaux, selon un journaliste de l’AFP. A Grenoble, ils étaient plus de 300 “gilets jaunes” dans un parc du centre-ville en fin de matinée.

À la gare de Sedan, des “gilets jaunes” se sont introduits sur les voies ferrées, interrompant le trafic moins d’une demi-heure samedi matin aux alentours de 8H00, a-t-on appris auprès de la préfecture des Ardennes.

Nouvelle stratégie

Pour éviter les débordements qui ont émaillé plusieurs mobilisations, 3.600 CRS et gendarmes mobiles seront déployés samedi en France, auxquels s’ajouteront notamment des compagnies de sécurisation et des policiers de la BAC, a appris l’AFP de sources concordantes.

Pour échapper aux forces de l’ordre, certains “gilets jaunes” semblent envisager une nouvelle stratégie basée sur la discrétion.

“La France en colère” a ainsi suggéré à ses sympathisants de retirer leurs gilets jaunes samedi pour “se présenter dans les rues (...) comme les simples citoyens qu’ils sont”.

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