
Réunis en session plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont rejeté ce mercredi à midi une proposition de veto contre ce projet, à une majorité de 328 voix. L’objection a recueilli seulement 278 voix.
Gaz et nucléaire sont deux sources d’énergie qui viennent donc d’être reconnues comme nécessaires pour lutter contre le changement climatique, par la majorité des parlementaires européens et au grand dam des eurodéputés luxembourgeois qui avaient fait front commun, mardi, contre cette classification.

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Pas plus tard que mardi, la Luxembourgeoise des Verts, Tilly Metz était monté au créneau devant ses collègues du parlement européen pour dire son opposition à ce projet: “Nous ne pouvons pas accepter le détournement d’investissements verts vers des énergies non-durables qui profitent en plus à la guerre de Poutine. Chaque euro qui coule dans la coûteuse constrruction ou dans l’interminable entretien, d’un réacteur nucléaire ne sera pas investi dans les énergies renouvelables.”
Le texte controversé, présenté en janvier par la Commission, classifie comme “durables” certains investissements pour la production d’électricité dans des centrales nucléaires -qui n’émettent pas de CO2- ou des centrales au gaz, à condition qu’elles mobilisent les technologies les plus avancées. Et, pour ces dernières, qu’elles permettent de fermer des centrales à charbon bien plus polluantes.
Cette classification (dite taxonomie) doit aider à mobiliser des fonds privés dans ces projets. Elle s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone de l’UE en 2050.
Le feu vert des Etats membres étant déjà acquis, les opposants ont annoncé qu’ils lanceraient une procédure en justice, seul moyen désormais disponible pour bloquer l’initiative.
“Je vous demande de ne pas rejeter ce fragile compromis négocié avec précaution”, avait demandé mercredi matin le Premier ministre tchèque Petr Fiala, dont le pays vient de reprendre à la France la présidence tournante de l’UE.
“L’énergie nucléaire et le gaz provenant de pays sûrs seront les seuls moyens pour certains États membres d’atteindre nos objectifs climatiques communs dans les années à venir”, a-t-il plaidé.