LisbonneLe futur aéroport accélère son calendrier et redessine l’aviation portugaise

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Le projet du futur aéroport de Lisboa, baptisé Aeroporto Luís de Camões et prévu à Alcochete, a pris une nouvelle dimension lors du World Aviation Festival 2026 qui s'est tenu cette semaine dans la capitale portugaise.
© Capture d'écran YouTube ANA

Le président exécutif d’ANA – Aeroportos de Portugal, Thierry Ligonnière, y a confirmé que le calendrier de construction pourrait être avancé d’environ un an. Une accélération qui reste à confirmer, mais qui intervient au moment où la concessionnaire, le gouvernement et les compagnies aériennes cherchent à réduire les délais d’un chantier présenté comme le plus vaste jamais réalisé au Portugal.

Selon les documents techniques déjà transmis à l’exécutif, la construction devrait débuter en 2029 et s’achever en 2033, avant une phase de tests et de certifications menant à une ouverture envisagée autour de 2035. Cette date contraste avec les projections plus anciennes, qui situaient l’entrée en service vers 2037. La nuance est importante : l’anticipation évoquée par ANA concerne essentiellement les procédures administratives et techniques, avec un gain potentiel d’un an, tandis que l’écart entre l’ancien scénario politique et le nouveau calendrier prévisionnel atteint plutôt deux ans. Cette double lecture explique pourquoi les acteurs du secteur parlent d’accélération sans pour autant s’engager sur une date définitive.

Le nouvel aéroport doit répondre à la saturation chronique du trafic aérien à Lisbonne. Sa première phase prévoit une capacité de 56 millions de passagers par an, avec une extension possible jusqu’à 85 millions. L’infrastructure, implantée hors de la ville, doit également réduire l’impact sonore sur les populations et offrir un espace d’expansion que l’actuel aéroport Humberto Delgado ne peut plus garantir.

La question du financement occupe désormais une place centrale. Le coût du projet, estimé entre 7,9 et 8,9 milliards d’euros, repose en grande partie sur de la dette privée, mais ANA a déjà indiqué qu’une nouvelle taxe aéroportuaire pourrait être nécessaire pour couvrir une partie des investissements. Cette contribution, encore à l’étude, serait intégrée au prix des billets et destinée à soutenir la construction et l’exploitation du futur aéroport. Le gouvernement n’a pas encore tranché, mais l’hypothèse figure parmi les pistes sérieuses pour garantir la viabilité financière du chantier.

Les prochaines étapes administratives sont déjà fixées : le rapport financier doit être remis le 16 janvier 2027, et la candidature complète au nouvel aéroport devra être déposée avant le 16 janvier 2028. Ces jalons détermineront la possibilité réelle d’avancer le calendrier et de concrétiser une infrastructure stratégique, appelée à transformer durablement la capacité du pays à accueillir des passagers internationaux.

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