
Au Luxembourg, le déconfinement a débuté le 20 avril dernier avec la reprise des chantiers de construction, et l’ouverture, sous conditions, des centres de recyclage municipaux, des magasins de bricolage et des jardineries.
Près de 625.000 habitants doivent désormais porter un masque dans les lieux où une distance de sécurité de deux mètres ne peut être respectée, tels que les transports en commun. Les pouvoirs publics, qui ont commencé à les distribuer, ont prévu d’en fournir cinq par personne.
La deuxième phase aura lieu le 4 mai avec le retour dans les lycées des élèves qui ont des examens en fin d’année. La troisième phase est prévue le 11 mai avec le retour des autres classes de lycée.
Les cours reprendront une semaine plus tard pour les élèves du secondaire et le 25 mai dans le primaire.
À partir du 11 mai, le déconfinement progressif de la population va commencer. Au Grand-Duché, le reflux de la maladie semble se confirmer, mais la volonté d’éviter une nouvelle vague de contaminations amène le gouvernement à avoir une stratégie prudente, encadrée par des mesures sanitaires et de recherche.
Ainsi des tests de dépistage à très grande échelle sont prévus. Le Luxembourg a annoncé son intention de dépister toute sa population d’ici à un mois, s’estimant en capacité de pratiquer jusqu’à 20.000 tests par jour. Les étudiants et les enseignants vont être les premiers testés en vue de la reprise des cours dans l’enseignement supérieur prévue pour le 4 mai. L’idée est de pouvoir tester l’ensemble de la population, de manière progressive et par contingents. Les tests sont volontaires: tout le monde peut se faire tester, mais personne n’est obligé de le faire.
Dans toute l’Europe occidentale, le reflux de l’épidémie semble bien installé, même dans les pays très touchés comme l’Italie, l’Espagne ou la France. Mais les autorités de ces pays, dans la crainte d’une deuxième vague de contaminations, prévoient des déconfinements par étapes et extrêmement prudents.
En Belgique, dès le 4 mai, les industries vont reprendre leurs activités sous conditions, la pratique du sport en extérieur et individuel sera élargie. Le 11 mai, tous les commerces pourront rouvrir. Le 18 mai, ce sera un retour très progressif des écoliers et les règles encadrant la vie sociale seront peu à peu assouplies. Les activités culturelles et sportives reprendront peu à peu sous conditions strictes.
En France, le déconfinement de la population va commencer le 11 mai. À noter que dans l’hexagone, il ne se fera pas de la même manière pour tout le monde. Une carte provisoire classe des départements en rouge, orange et vert selon l’état de l’épidémie et des services de réanimation. Toute la région Grand Est est en rouge.

La carte sera mise à jour quotidiennement jusqu’au 7 mai où ne resteront que deux catégories, vert et rouge, qui détermineront le niveau de relâchement des restrictions à partir du déconfinement prévu le 11 mai. Mais le gouvernement reste sous pression pour clarifier les modalités concrètes du déconfinement, notamment le casse-tête de réouverture d’écoles et la polémique sur la vente des masques.
En Espagne, le week-end sera l’occasion d’un nouvel assouplissement du très strict confinement imposé depuis le 14 mars aux quelque 47 millions d’Espagnols, avec l’autorisation des sorties sportives individuelles, qui fait suite à celle des sorties pour les enfants. Des tranches horaires devront toutefois être respectées, pour éviter la surfréquentation des rues et maintenir à distance enfants et personnes âgées, qui ne pourront pas sortir aux mêmes heures.
En Grande-Bretagne, deuxième pays d’Europe le plus touché après l’Italie avec 27.510 décès, le pic de la pandémie a également été atteint, selon le Premier ministre Boris Johnson, qui a promis un plan de déconfinement la semaine prochaine.
Ailleurs sur le Vieux continent, le déconfinement est déjà bien enclenché: Allemagne, Autriche, pays scandinaves...En Allemagne, la plupart des magasins d’une surface inférieure à 800 m2 ont rouvert le 20 avril. Mais la levée progressive des dispositifs de confinement prévoit le maintien des mesures de distanciation sociale jusqu’au 3 mai, veille prévue de la réouverture des écoles et des salons de coiffure.
Aux Etats-Unis, pays le plus lourdement frappé avec près de 65.000 morts, et malgré des bilans quotidiens toujours lourds, les Etats fédérés avancent dans la levée des mesures de restriction.
Pour relancer l’économie, plus de 35 des 50 Etats américains ont commencé à lever ou sont sur le point de lever les strictes mesures de confinement qu’ils ont instaurées, tandis que des manifestations pour “la réouverture de l’Amérique” se multiplient à travers le pays. Pour exiger la levée du confinement en vigueur depuis six semaines dans leur Etat, des milliers de personnes ont manifesté vendredi en Californie avec des drapeaux des Etats-Unis.

“Ouvrez la Californie!”, ont scandé les protestataires près des plages fermées de Huntington Beach. “Tous les emplois sont essentiels” ou “La liberté est essentielle”, pouvait-on lire sur des pancartes. Des manifestations similaires se sont aussi tenues à Los Angeles, à New York et à Chicago.
En Chine, premier pays touché par le Covid-19 l’étau se desserre. Les Chinois, qui ne rapportent pratiquement plus de cas, ont entamé vendredi leurs premières vraies vacances depuis le début de la crise. La Cité interdite, notamment, a rouvert, mais de manière plus limitée qu’à l’ordinaire.
Et pour finir ce tour du monde loin d’être exhaustif, un petit coup de projecteur sur la situation brésilienne. Le président Jair Bolsonaro -corona-sceptique notoire- défend coûte que coûte la reprise de l’activité économique. Le pire y est peut-être à venir, alors que le pays est en passe de devenir le principal foyer de contamination au monde.
Selon les estimations du collectif de chercheurs Covid-19 Brasil, le Brésil comptait plus d'1,3 million de cas de coronavirus jeudi. C’est 16 fois plus que les 85.646 cas confirmés officiellement ce jour-là, dans ce pays de 210 millions d’habitants où l’on dépiste très peu. Le Brésil a par ailleurs le taux de contamination le plus élevé du monde (2,8), selon l’Imperial College of London.
Une situation d’autant plus préoccupante que le Brésil est un pays “aux dimensions continentales, avec des populations très vulnérables, comme les habitants des favelas ou les indigènes. Sans compter une faible adhésion aux mesures de confinement”, selon un membre du collectif.
Et une réplique désinvolte du président d’extrême droite continue de susciter une énorme polémique nationale. Interrogé mardi sur le fait que le Brésil venait de dépasser le chiffre de 5.000 morts, M. Bolsonaro avait répondu: “Et alors ?” Depuis, le bilan -officiel- est passé à plus de 6.300 morts...